Jean de Montlaur

Résumé

Jean de Montlaur Sur la trace des "Bandeirantes" (1918)

Quelque chose d'imprécis, d'un peu massif et fuligineux, se dessine devant moi en haut des quasimarches de la piste, et à travers la buée lumineuse, comme argentée, le couvent de la Piedade parait sous la plate-forme de la cime.
Un peu de pas gymnastique pour être bien sûrement le premier, et j'arrive tout en eau — sueur et pluie — à bout de souille aussi, devant la porte de la chapelle.
A travers le brouillard, on voit mal. Mais je crois distinguer une sorte de quadrilatère écrasé, au toit bas fait de tuiles disjointes, au crépis émietté, dont les côtés se prolongent dans du vague.
Source : Gallica

Jean de Montlaur Sur la trace des "Bandeirantes" (1918)

Dehors, c'est au-dessus de la petite place derrière la Serra le plus beau coucher de soleil qui soit. Le ciel, à l'ouest, du côté des grands espaces mystérieux, est vert, transparent, lamé de jaune, de pourpre et de bleu-noir, on dirait les bandes d'un de ces châles comme en portent ici les mulâtresses. Pâle, très pâle, un mince croissant, les cornes en l'air, gravit les cîmes, là-haut, et s'en va vers cette tache sanglante, dans l'immensité calme, tandis que, brusquement, sans crépuscule appréciable, c'est la nuit qui se fait....
Source : Gallica

Jean de Montlaur Sur la trace des "Bandeirantes" (1918)

Ce fut donc au temps de dona Maria Iera, femme de don Pedro III de Portugal, que les premiers de cette famille vinrent en plein matto, sur le bord tourmenté, rocailleux et accidenté d'un large fleuve, aux pieds de sévères montagnes, « ouvrir », comme on dit ici, cette fazenda de Cipo.
Ouvrir une fazenda ! Rien que ce mot est parfaitement typique et représente bien le travail acharné, l'ingrat et un peu decevant labeur auquel doit s'ass'astreindre celui qui, dans une forêt vierge, doit créer une exploitation de cannes, de café ou d'élevage et faire ainsi oeuvre de civilisation.
Source : Gallica

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