A. d’Assier

Résumé

A. d’Assier Revue des Deux Mondes

Veut-on connaître une cidade qui représente plus exactement la civilisation portugaise au Brésil, c’est à Bahia qu’il faut aller. De toutes les villes de la côte, il n’en est pas de plus charmante. Sans doute la partie basse qui longe la mer sent encore le nègre et la fièvre ; mais rien de ravissant comme l’esplanade qui domine la rade et où la brise apporte continuellement l’air pur et frais de l’Océan. Ces collines que j’avais déjà saluées à Pernambuco comme une apparition de la terre promise, je les retrouvai à Bahia et plus tard à Rio-Janeiro, toujours inondées de lumière et de parfums.
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A. d’Assier Revue des Deux Mondes

Au bout d’une heure de marche, la caravane offre l’aspect le plus piteux ; les bêtes ne vont plus que clopin-clopant, haletant à la peine, enfonçant à chaque instant leurs pieds à demi déferrés dans des trous profonds et remplis d’une argile tenace, jusqu’au moment où l’une d’elles tombe pour ne plus se relever. Aux cris du tocador, la troupe fait halte, et l’arréador arrive pour donner ses ordres. On décharge la bête, on lui passe un laço au cou, et tous les nègres, saisissant la corde, tirent à eux tandis que le chef stimule l’animal à grands coups de fouet.
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L’Indien, on l’a vu, s’enfonce de plus en plus dans ses forêts séculaires en haine de la civilisation, qui ne lui a apporté que des maux. Le noir succombe à la peine, existence broyée sous les engrenages de cette impitoyable machine qu’on appelle la production. Le cabocle, produit hybride de tribus sauvages, n’a hérité que de l’indolence des deux races et de leur inaptitude au travail actif et fécondant. Restent donc le mameluco et le mulâtre, qui ont puisé dans le sang portugais quelques germes de cette activité fiévreuse qui a rendu leurs aïeux si célèbres dans les annales de la navigation.
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