Résumé

Portrait de Jules Quicherat Jules Quicherat Mélanges d’archéologie et d’histoire

Voici un fait à mettre au nombre des plus curieux que recèle le livre de Villard de Honnecourt : cette application de la géométrie au dessin de la figure, tant de fois proposée depuis la Renaissance, elle était connue et pratiquée au XIIIe siècle. J’en demande bien pardon aux hommes d’esprit qui dans ces derniers temps ont immolé l’art antique à celui du moyen âge en prétendant que ce qui se faisait à une époque avec les entraves de l’imitation matérielle, n’était dans l’autre que le produit de l’inspiration pure.
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Le dessin représente soit les naissances de plusieurs arcs dessinées en plan sur un même abaque, soit le calibre découpé selon le même plan pour tracer le dessin. Or, ces faisceaux d’arcs ou de membrures, qui sont en quelque sorte la tige d’où s’épanouit la voûte gothique, on les appelait jadis arrachements de voûte. Comme il est impossible de ne pas reconnaître le mot arrachement dans la forme erracement du manuscrit, la figure et le texte concordent, au moins en ce point, à éveiller l’idée d’un objet connu.
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Au milieu du siècle dernier des écrivains absolument étrangers au vocabulaire de l’architecture, saisirent cette expression au vol, sans avoir soin de se la faire expliquer, de sorte qu’ayant pris « croisée d’ogives » pour la dénomination technique de la fenêtre à cintre brisé, ils usèrent du mot ogive tout seul comme s’il était un déterminatif du cintre brisé, tant pour les fenêtres que pour les autres baies ; de là les portes et arcades en ogive, puis l’architecture en ogive ou ogivale. Jamais contresens plus malheureux ne s’est introduit dans une langue scientifique.
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