Résumé

L. Van Keymeulen Revue des Deux Mondes tome 109…

Il proteste lorsque l’on veut voir en lui surtout un écrivain et un artiste. Il s’indignerait tout à fait qu’on le prît pour un journaliste. Et cependant il est journaliste dans l’âme et dans la forme, il l’est par ses aptitudes et ses imperfections, par ses qualités et ses défauts. Comme le journaliste, il écrit au jour le jour, sans suite et sans liaison, sous l’inspiration du moment, il se répète, se contredit, s’arrêtant au milieu d’une thèse pour vider une querelle personnelle ou enregistrer une nouvelle à sensation.
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L. Van Keymeulen Revue des Deux Mondes tome 109…

L’action presque nulle, mal conduite et médiocrement intéressante, se traîne de chapitre en chapitre entre des conversations sans vivacité et des descriptions en style d’ingénieur. A moins d’être Hollandais ou d’avoir à écrire une étude sur Multatuli, on se décide difficilement à suivre jusqu’au bout ce flot de prose qui coule d’une allure à la fois saccadée et lente, charriant de distance en distance une observation neuve, une idée originale, comme les fleuves de l’île des Bataves portent sur leurs eaux grisâtres des bateaux richement chargés.
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Le trait est net, la couleur sobre, le sentiment contenu et profond. Cette fois, l’écrivain a rencontré le grand art. S’il y avait beaucoup de pages de cette valeur dans Max Havelaar, ce ne serait pas seulement au point de vue de l’humanité, mais aussi au point de vue de la littérature, que Multatuli aurait eu le droit de prononcer cette fière parole : « J’ai écrit ce livre pour léguer un titre de noblesse à mes enfans. »
III La publication de Max Havelaar fit l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages. Un frisson courut sur ce peuple, si lent d’ordinaire à s’émouvoir.
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