Résumé

Lettres sur la situation de la France (1820)

Aviez-vous donc conçu l'espoir que du moment où l'arbitraire serait proclamé , la terreur glacerait les âmes, éteindrait tout sentiment d'énergie, isolerait tous les Français ; que le soupçon se promènerait dans l'ombre sur les familles, marquerait librement ses victimes, et se déroberait à toute investigation, à toute, responsabilité? Si tel était votre espoir, on ne peut que plaindre votre aveuglement. Une connaissance plus approfondie des hommes et des choses vous aurait appris que la grande majorité de la nation connaît ses droits et a le sentiment de sa dignité.
Source : Gallica

Lettres sur la situation de la France (1820)

Mais cette loi sur les suspects est une arme impuissante ! Elle sera pour la France ce que la commission prevôtale de Mayence a été pour l'Allemagne. On en a fait grand bruit, et les peuples ne s'en sont point effrayés. On fait de l'arbitraire plus aisément que de la terreur; personne ne craint une mesure qui atteint tout le monde; la loi d'exception sur la liberté individuelle est dans ce cas ; dans la pensée des ministres et des ultras, elle est destinée à comprimer tout ce qui veut défendre les intérêts et les principes de la révolution; il y a donc en France vingt-sept millions de suspects
Source : Gallica

Lettres sur la situation de la France (1820)

Vous l'aviez prévu, mon ami, la bataille est perdue : les ministres ont gagné l'arbitraire, et déjà ils paraissent accablés de leur victoire; ils ne savent que faire de leur butin. Ils nous ont bien servis, et M. Pasquier est l'homme de France qui a rendu le plus de services à la liberté; il a voulu l'arbitraire dans toute sa nudité, avec ses formes les plus odieuses : justice, humanité, il a tout repoussé.
Source : Gallica

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