Louis Dumont-Wilden 

Résumé

Louis Dumont-Wilden  Revue des Deux Mondes

En Angleterre, en Italie, partout, même en France, l’Allemagne comptait des admirateurs aveugles. La guerre actuelle, au regard de l’histoire, sera peut-être considérée comme un bienfait : elle aura sauvé le monde d’une sorte de conspiration germanique qui aurait fini par l’étouffer. De toutes façons, elle aura jeté sa cruelle lumière dans ce monde cosmopolite où fermentaient tant d’obscures passions, tant d’idées indécises et dangereuses, et tant d’intérêts inavouables. Elle aura éclairé la France et l’esprit français sur le plus grave danger qui les ait jamais menacés.
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Louis Dumont-Wilden  Revue des Deux Mondes

Mais il n’y a plus guère de bons Européens au monde, et les gens de mon espèce se sentent terriblement isolés. Je ne vois autour de moi que des ennemis furieux entre lesquels il faut choisir. Bien que j’y aie une partie de mes origines, je n’ai jamais beaucoup aimé l’Allemagne. Depuis quelques années surtout, le nationalisme agressif et pédantesque des jeunes Allemands m’avait paru insupportable. C’est un pays où l’on ne respirait pas à l’aise, et où, sur certaines questions, la liberté d’esprit était considérée comme un vice.
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Louis Dumont-Wilden  Revue des Deux Mondes

Il suffit, pour en acquérir la certitude, de se souvenir de ce que fut l’Europe française. A comparer ce magnifique passé, dont tant d’ennemis de la France nouvelle ont gardé comme une obscure nostalgie, et ce qu’eût été l’Europe allemande, on peut mesurer la distance qui sépare les deux civilisations ; à considérer l’histoire de cette longue hégémonie et les causes de son déclin momentané, on apprend à envisager avec une entière confiance l’avenir de notre culture, la seule qui ait fait place à toutes les conceptions du bonheur et de la vie.
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