Résumé

Léo Lespès Le livre de beauté : keepsake pour 1854 (1853)

C'est bien osé à un inconnu de s'élever jusqu'à vous par la pensée, mais est-il possible de vous laisser quitter votre voile de jeune fille sans donner à une sympathie discrète le bonheur de s'avouer. Mon âme est soeur de la vôtre, comme vous je suis poète, et il me semble quand je vous vois, que Dieu, en nous créant, devait nous réunir... Je vous aime, Hélène, de toutes les forces de mon âme, comme l'ange gardien doit aimer le chrétien confié à sa garde...., jamais personne ne vous dira ce que j'ai souffert tant que j'ai essayé de me le cacher à moi-même...
Source : Gallica

Léo Lespès Le livre de beauté : keepsake pour 1854 (1853)

Ophélia à la soeur Diva.
Que parlez-vous, ma douce amie, des joies du monde et des ennuis du cloître?... Est-ce une raillerie?— Le matin, il est vrai, vous allez à matines; mais c'est l'heure à laquelle toute femme s'éveille... l'heure où la fauvette salue la venue dorée de l'aurore, où l'abeille aux aîles nacrées s'échappe assouvie du sein vermeil des fleurs... Vous jetez sur vos admirables épaules la robe de bure... et après une méditation remplie de religieuse poésie, vous regagnez votre couche paisible.
Source : Gallica

Léo Lespès Le livre de beauté : keepsake pour 1854 (1853)

Le château et la ferme sont plongés dans un sommeil profond... la lune est obscurcie par d'épais nuages; une seule lumière luit dans une rue du hameau : c'est celle d'Agnesia.
Agnesia pleure.
Pourquoi, me direz-vous, a-t-elle de la lumière pour pleurer?... Que sais-je?... pour voir couler ses larmes goutte à goutte... pour n'être pas seule dans l'obscurité. La douleur, comme la joie, a besoin de clarté; il n'y a pas de tableau, quelque triste qu'il soit, où ne se glisse un rayon.
Pourquoi pleure-t-elle, Agnesia la blonde, Agnesia aux yeux noirs, blanche comme une colombe au bec rosé?
Source : Gallica

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