Léon Robert

Résumé

Léon Robert Mon évasion (1918)

Polyte s'accota aux pierres, dans la partie obscure; à tour de rôle, Faverlat et moi, ayant grimpé sur ses épaules, nous réussîmes à nous placer à califourchon sur le mur; nos bustes étaient dans l'ombre et notre présence ne pouvait être décelée par la vue.
Nous penchant le plus possible, nous pûmes saisir chacun une main de Polyte, que nous attirâmes à nous de toutes nos forces, si bien qu'il se trouva bientôt à son tour à califourchon auprès de nous, et, d'un bond, nous sautâmes tous les trois dans l'herbe, où nous commençâmes à courir comme des fous dans la direction de la frontière.
Source : Gallica

Léon Robert Mon évasion (1918)

Naturellement, je ne me cachais pas de mes camarades de captivité, tandis que je constituais mes approvisionnements; j'étais sûr d'eux, sans les connaître, et je savais d'instinct que tous avaient trop le sentiment de l'honneur et de la solidarité pour être tentés de me trahir ou de me voler.
Cette solidarité entre compagnons de souffrance, est une des choses les plus nobles et les plus touchantes que j'aie jamais observées, et elle est surtout poussée à la plus extrême limite quand il s'agit de préparatifs d'évasion. Tout ce qui peut concourir à la fuite d'un camarade est sacré.
Source : Gallica

Léon Robert Mon évasion (1918)

A nouveau, nous tînmes conseil. Bifurquer à droite ou à gauche était dangereux; le temps se trouvait limité; notre marche rampante était d'une lenteur désespérante, et on risquait, en allongeant l'itinéraire, de ne point arriver au but avant le jour.Nous résolûmes alors de risquer le tout pour le tout, et de franchir la haie.
Faverlat, le premier, enjamba l'obstacle et s'aplatit aussitôt de l'autre côté; rien n'avait bougé, aux alentours. J'attendis quelques secondes, et je l'imitai avec le même bonheur.
Mais quand Polyte se leva à son tour, un coup de feu retentit.
Source : Gallica

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