Marcelle Tinayre,
L'affaire Lafarge
(1935)
“ Il étend les bras, bâille d'un bâillement sonore et prolongé, se tourne vers sa femme, lui plante deux gros baisers sur les deux joues et s'écrie : « Allons ! ma petite femme, déjeunons ! » Jamais Roméo n'eût ainsi parlé à Juliette, au début d'un voyage nuptial. Il n'eût pas, comme Charles Lafarge, saisi à pleines mains un poulet froid. Il ne l'eût pas déchiré en deux, d'un coup sec, pour en offrir la moitié à sa bien-aimée. Et même sans être un Roméo, aucun homme bien élevé n'eût dégoûté une femme par ces façons de paysan. Marie Cappelle en perd l'appétit, mais Charles dévore pour deux. ”
