Octave Mirbeau

Octave Mirbeau

Résumé

Portrait de Octave Mirbeau Octave Mirbeau Revue des Deux Mondes

L’exode suit une marche lente et régulière dans les temps ordinaires ; dans les années d’exposition, il s’accroît et se précipite. Ce n’est plus un individu isolé qui, de-ci de-là, abandonne le champ ou déserte l’atelier, c’est une foule, ce sont des foules, attirées par la promesse de gros salaires, par la promesse de l’existence facile et brillante, par tout ce rêve menteur de Paris, qui obsède et détraque le cerveau des malheureux, ce sont des foules, des troupeaux humains qui partent et ne reviennent plus.
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Portrait de Octave Mirbeau Octave Mirbeau Revue des Deux Mondes

Ce réveil, que l’Exposition de 1900 a produit dans la province laborieuse, n’est que l’effet d’une cause profonde et ancienne. Elle comprend, elle sait que, si ce projet se réalise, c’en est fini de son commerce, déjà languissant et qu’elle ne maintient qu’à force de luttes incessantes, de sacrifices et de pauvres joies. Elle voit de jour en jour, d’année en année, Paris détourner et canaliser, à son profit, ce qui reste en elle d’énergie. Non seulement il lui enlève ses richesses matérielles, mais il lui prend aussi ses hommes, — bras et cerveau.
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D’ailleurs qu’est-ce que la province pour Paris, et quelle idée s’en fait-il ? La province c’est, autour de Paris, une sorte d’immense terrain vague, vaseux par-ci, pierreux par-là, à la surface de quoi, au premier coup d’œil, on ne distingue rien. Cela semble inhabité. Un vent de mort a soufflé sur cette pauvre chose, à moins que, plausible hypothèse, la Vie, lasse d’avoir créé tant de merveilles à Paris, et de si admirables gens, se voie arrêtée dans son œuvre et n’ait pas voulu franchir ce morne espace, car la Vie est bien trop parisienne pour cela !...
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