Résumé

Othenin d’Haussonville Ecrivains contemporains : Charles-Augustin Sainte-Beuve

O mon cœur, toi qui sens, dis ? est-ce avoir vécu ? Pourquoi non ? Et pour nous qu’est-ce donc que la vie ? ....... Vivre, sachez-le bien, n’est ni voir ni savoir, C’est sentir, c’est aimer ; aimer, c’est là tout vivre. Le reste semble peu pour qui lit à ce livre ; Sitôt que passe en nous un seul rayon d’amour L’âme entière est éclose, on la sait en un jour, Et l’humble, l’ignorant, si le ciel l’y convie, À ce mystère immense aura connu la vie... Cette noble pensée de l’égalité dans l’amour n’a peut-être jamais été rendue en vers plus purs et plus harmonieux.
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Othenin d’Haussonville Ecrivains contemporains : Charles-Augustin Sainte-Beuve

Il vient un moment triste dans la vie, c’est lorsqu’on sent qu’on est arrivé à tout ce qu’on pouvait raisonnablement espérer, qu’on a acquis tout ce qu’on pouvait raisonnablement prétendre. J’en suis là : j’ai obtenu beaucoup plus que ma destinée ne m’offrait d’abord, et je sens en même temps que ce beaucoup est très peu. L’avenir ne me promet plus rien, je n’attends rien de l’ambition, ni du bonheur... J’ai l’esprit assez bien fait pour comprendre que je n’ai pas le droit d’être mécontent, et je me sens le cœur trop large pour le croire rempli.
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Othenin d’Haussonville Ecrivains contemporains : Charles-Augustin Sainte-Beuve

Les années s’écoulent, la blessure se ferme, l’âme reprend possession d’elle-même, et l’on regrette alors les jouissances dédaignées ou perdues, tout en s’étonnant parfois que les souvenirs puissent être plus doux et plus vifs que ne l’a été l’impression elle-même.
C’est bien sous l’empire de ces sentimens que Sainte-Beuve a visité Rome, Naples, et au retour les côtes de la Provence, d’où il datait ces quelques lignes attristées que j’ai déjà citées plus haut, et que lui inspirait la vue des plages d’Aigues-Mortes.
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