Résumé

Jules Couët Le livre d'or de Sainte-Beuve… (1904)

Essayons donc d'exposer la philosophie dernière, et tout d'abord, ce qui est le plus important, la psychologie et la méthode de Sainte-Beuve.
La critique littéraire n'est pas seulement affaire de goût, d'érudition : c'est avant tout, pour Sainte-Beuve, un moyen d'étudier les hommes, car, selon le mot de Grimm : « La littérature ne se sépare pas du monde et de la vie. » Elle est l'émanation des âmes à travers les écrits.
L'âme est autre chose qu'un pur esprit. Le critique doit définir, raconter l'homme même, ce depuis la pointe des cheveux jusqu'au bout des ongles ».
Source : Gallica

Jules Couët Le livre d'or de Sainte-Beuve… (1904)

Messieurs, il y eut toujours chez le travailleur de la rue du Montparnasse, chez l'historien des solitaires de Port-Royal, un peu du petit hussard de Boulogne-sur-Mer, et quand il s'agissait de la pensée et des lettres, SainteBeuve « chargeait », bravement, à la française.
C'est l'enfant devenu grand homme qui vous est cher, c'est lui que vous célébrez dans cette journée consacrée à un poète et à un critique dont la renommée survit à celle de tant de noms qui semblaient retentissants à l'heure du camp de Boulogne.
Source : Gallica

Jules Couët Le livre d'or de Sainte-Beuve… (1904)

Cette philosophie de Sainte-Beuve, fondée sur l'empirisme, est essentiellement moniste : elle écarte le dualisme de Dieu et de la nature, du corps et de l'âme, de la force et de la matière.
Elle est évolutionniste. Tout, en nous et autour de nous, est soumis à la loi du devenir perpétuel. Bien de fixe dans la vie fugitive : « La nature, dit Goethe, a attaché sa malédiction à l'immobilité. » Les sciences physiques et naturelles dans leurs parties hypothétiques, se font et se défont sans cesse : même changement en histoire, en littérature, bien que la mode et le caprice s'y mêlent davantage.
Source : Gallica

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