Résumé

Louis Nicolardot Confession de Sainte-Beuve (5e édition… (1882)

Le teint de ses joues pendantes répugne comme la bave d'un colimaçon. Son front fait croire à l'anathème gravé sur la face de Caïn. Ses yeux, petits, enfoncés, ne peuvent se croiser avec les regards des hommes; forcément baissés, ils sont condamnés à n'avoir d'autre spectacle que la boue et la poussière.
Il est certain que la laideur de Renan a fait oublier la laideur de Sainte-Beuve.
Quand Sainte-Beuve s'est mis à causer, il était trop tard. Sa vie, trop sédentaire, trop sauvage,
avait engendré une maladie dangereuse.
Source : Gallica

Louis Nicolardot Confession de Sainte-Beuve (5e édition… (1882)

Il en est un qu'on ne nous a pas encore officiellement signalé, quoique beaucoup d'entre nous en aient été frappés; c'est la souffrance de la volupté dépourvue de puissance. C'est un autre supplice que celui de Werther, se brisant contre la société qui proscrit sa passion; c'est une autre inquiétude que celle de René, trop puissant pour vouloir; c'est une autre agonie que celle d'Obermann, atterré de son impuissance; c'est la souffrance énergique, colère impie de l'âme qui veut réaliser une destinée et devant qui toute destinée s'enfuit comme un rêve
Source : Gallica

Louis Nicolardot Confession de Sainte-Beuve (5e édition… (1882)

Il est vraiment bien bon d'avoir composé un roman sur la Volupté et rempli plus de quatre cents pages de vers pour amuser le public de la honte de ses velléités et de son impuissance radicale. Jouer au vieillard à l'âge de Chérubin le charmeur et de Don Juan le séducteur est une
licence poétique qui fera de l'Amour un marché et ne connaîtra que le dégoût du libertinage, comme on le verra.
N'ayant jamais rien aimé, pas même les livres, qui n'étaient pour lui qu'un fonds de commerce, il a été de tout temps jugé incapable d'aucune affection.
Source : Gallica

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