Résumé

P. de Buire Les Armes à Feu au xixe siècle…

La puissance de destruction d’un boulet, quelle qu’en soit la vitesse, approchera-t-elle jamais de celle d’une locomotive venant à toute vapeur à la rencontre d’un convoi ? Tout en reconnaissant l’utilité d’étendre la portée et la justesse du tir jusqu’aux plus extrêmes limites de la vue distincte, il nous semble donc que les officiers anglais n’ont pas envisagé très sainement l’avenir de l’artillerie en s’attachant avec persistance à la recherche de vitesses et de portées exagérées, et en négligeant les avantages plus solides, quoique moins brillans, du tir des très gros projectiles.
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P. de Buire Les Armes à Feu au xixe siècle…

Gribeauval, qui avait servi avec honneur pendant la guerre de sept ans, était un homme d’un esprit original, doué d’un jugement droit et d’une volonté inflexible. Il démontra l’inutilité du gros canon dans les batailles, où l’on ne doit agir que contre les hommes, non contre les obstacles matériels ; il raccourcit les petites pièces, dont il fixa le poids à cent cinquante fois celui du projectile ; les charges furent également réduites de la moitié au tiers. C’était diminuer l’effet de l’arme, mais ce désavantage était bien compensé par une mobilité plus grande et par un tir plus rapide.
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P. de Buire Les Armes à Feu au xixe siècle…

De même qu’au moment du combat elle consacre tous ses matelots au service de l’artillerie, elle ne paraît pas éloignée d’approprier aux mêmes fonctions les machines qui se chargent de suppléer à l’action inconstante du vent. Il y a là, selon nous, le germe d’une idée féconde et dont l’application ne doit pas se borner à l’enceinte étroite d’un vaisseau. Ce ne serait pas le premier emprunt fait à l’industrie par l’art militaire, dont le propre est au contraire d’absorber à son profit toutes les forces que l’homme peut créer.
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