Résumé

Paul Lacombe Le Sac de Béziers, drame en prose… (1864)

RAYMOND.
Il faut tout prévoir. Si les croisés triomphent, la perte de votre fille est assurée. Votre rang dans Béziers, votre zèle pour la religion albigeoise, sa propre réputation la désignent à la mort, aux plus cruels tourments peut-être. Vous pâlissez ?
PIERRE.
Quel père ne pâlirait?
RAYMOND.
Ah! croyez-moi, je ne parle pas pour le plaisir de vous désespérer. Il faut tout vous dire. Je suis un homme de guerre, je me connais en fortifications, Béziers n'est pas tenable. Les habitants sont courageux, mais indiscipliués. Vous vous abusez en comptant sur une résistance sérieuse.
Source : Gallica

Paul Lacombe Le Sac de Béziers, drame en prose… (1864)

Ton père avait mis en toi tant d'espérances ta Liénor plus encore peut-être, et il se trouve que c'est elle qui fait obstacle. Quitte-moi. Ce triste amour n'a déjà que trop duré. Ton père, tes amis m'accusent avec justice.
BERNARD.
Non, je te jure.
ÉLÉONORE.
Je ne dis pas devant toi, mais en secret.
BERNARD.
Liénor, écoute-moi.
ÉLÉONORE.
Écoute plutôt. Pourquoi aime-t-on les gens? Pour les rendre heureux. Mais lorsqu'on leur nuit en les aimant, il n'y a plus de raison.
Source : Gallica

Paul Lacombe Le Sac de Béziers, drame en prose… (1864)

Quelles pensées j'agite en mon esprit? Je me dis la perte de mon fils ne sauvera pas Béziers; que fait un bras de plus ou de moins, là où des milliers de bras ne peuvent pas repousser la destruction?
RAYMOND.
Eh! sans doute, il faut que Bernard parte, qu'il s'échappe quand il en est temps encore.
JEAN.
Non, mon ami, ce sont les sophismes de l'amour paternel. La loi de la justice règne jusque dans la mort. Mon fils est
comme un second bras que la nature m'a donné, et que mon devoir m'ordonne de consacrer à la défense de la patrie.
Source : Gallica

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