Paul Sébillot,
Contes de la Haute-Bretagne
“ Le premier jour le garçon exécuta les ordres du diable, et à chaque grain d’avoine qu’il mettait dans la mangeoire des chevaux, il prenait un bâton et frappait la jument. Elle disait doucement : — Pas si fort, pas si fort. — Tiens, s’écria-t-il, les juments parlent ici. — Oui, dit-elle, et c’est pour ton bien ; si tu ne veux pas m’écouter, tu n’as plus que trois jours à vivre. Soigne-moi bien afin que j’aie de la force. Quand il eût bien donné de l’avoine à la jument, elle lui dit : — Prends le rasoir de ton maître, son couteau et son sabre et monte sur mon dos. ”
