Pierre Dareste

Résumé

Pierre Dareste Revue des Deux Mondes

Si la liberté d’association est étrangère à notre conception du droit public, celle du droit privé ne lui est pas moins réfractaire. Le type du droit privé, c’est la propriété telle que la définit le code civil, c’est-à-dire le droit de jouir et de disposer d’une chose de la façon la plus absolue. Ainsi c’est encore une sorte de souveraineté illimitée qui appartient à chaque individu, dans sa sphère, comme à l’État sur les individus qui le composent. Le droit est absolu et n’admet, par suite, ni contrôle, ni condition, ni ingérence d’autrui sous aucune forme.
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Pierre Dareste Revue des Deux Mondes

Contre ceux qui voient là un motif suffisant de la prohiber, il est inutile de raisonner : c’est la vieille querelle de la liberté, qui se discutera tant qu’il y aura des hommes. A ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, il suffit d’indiquer qu’elle a ses limites marquées, non pas par la distinction un peu naïve et prodigieusement vague de la liberté d’avec la licence, mais par l’application de ce principe de droit, que la liberté entraîne nécessairement, comme conséquence et comme correctif, la responsabilité. Il en est, à cet égard, de l’association comme de la presse.
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C’est un droit essentiel de n’être pas contraint de s’associer avec qui l’on ne veut pas; c’en est un autre, de pouvoir s’associer avec qui l’on veut. Il faut l’affirmer et le répéter, car il n’est pas de droit plus contesté et plus combattu, et chose remarquable, au nom même de la liberté. C’est un vieux sophisme. Il n’y a pas de liberté là où il y a contrainte. Ce n’est pas la liberté qui s’oppose au droit d’association, c’est une conception particulière et individualiste de la liberté. De quel droit prétend-on l’imposera ceux qui la croient fausse?
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