Résumé

Rodolphe Radau Le Dronte et les espèces perdues

Maintenant est-il vrai, comme le suppose M. Darwin, que les variations accidentellement avantageuses, après avoir assuré la conservation de l’individu où elles se sont produites, se transmettent ensuite de préférence par voie d’héritage, et se fixent à la longue de manière à déterminer les variétés et les espèces ? L’élection naturelle, qui a pour résultat la divergence des caractères, suffit-elle pour expliquer des différences aussi profondes que celles qui séparent les espèces, c’est-à-dire les groupes dont les individus ne peuvent pas se féconder d’une manière continue par croisement ?
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Rodolphe Radau Le Dronte et les espèces perdues

Sur la terre, il n’y a place que pour un nombre déterminé d’êtres vivans. La tendance à la multiplication indéfinie est sans cesse contre-balancée par de nombreuses causes de destruction. Dès sa naissance, l’individu est obligé de lutter contre les conditions physiques de la vie, contre ses semblables qui lui disputent les moyens d’existence, et contre ses ennemis naturels, que leur instinct pousse à le détruire. Ainsi vivre, c’est combattre. L’existence de chaque être dépend de la somme de résistance qu’il peut opposer à la concurrence vitale.
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Rodolphe Radau Le Dronte et les espèces perdues

Il y a vingt ans, les plus vieux parmi les indigènes affirmaient encore avoir mangé de la chair de moa dans leur jeunesse. Pourquoi ces grands animaux ont-ils disparu ? Leur destruction, comme celle du dronte, du solitaire et des autres grandes espèces contemporaines de l’homme, est une simple conséquence de la guerre naturelle et de la rivalité vitale qui obligent chaque individu et chaque espèce à lutter pour son existence.
Il est facile de voir que, lorsque cette lutte s’est terminée par l’extinction d’une espèce, l’homme y a généralement joué le rôle principal, celui du vainqueur.
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