Résumé

Portrait de Vicente Blasco Ibáñez Vicente Blasco Ibáñez Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse

Lorsque l’oncle et le neveu entrèrent dans les appartements, Marcel eut un serrement de cœur. Il voyait partout sur les murs des taches rectangulaires de couleur plus foncée, qui trahissaient l’emplacement de meubles et de tableaux disparus. Mais pourquoi ces déchirures aux rideaux de soie, ces tapis maculés, ces porcelaines et ces cristaux brisés ? Otto devina la pensée du châtelain et répéta l’éternelle excuse :
— Que voulez-vous ? C’est la guerre.
— Non, repartit Marcel avec une vivacité qu’il se crut permise en parlant à un neveu. Non ! ce n’est pas la guerre, c’est le brigandage.
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Ni toi ni moi, nous ne voudrions outrager cet homme au noble cœur, que la cécité rend incapable de se défendre. Notre amour serait une vilenie. Jules baissait les yeux, perplexe, vaincu.
— Écoute, Marguerite, déclara-t-il enfin. Je lis dans ton âme. Tu aimes ton mari et tu as raison : il vaut mieux que moi. Avec toute ma jeunesse et toute ma force, je n’ai été jusqu’ici qu’un inutile ; mais je puis réparer le temps perdu. La France est le pays de mon père et le tien : je me battrai pour elle. Je suis las de ma paresse et de mon oisiveté, à une époque où les héros se comptent par millions.
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La race inférieure, en l’emportant sur la supérieure, avait désorganisé le pays et perturbé le monde. Ce que le celtisme avait inventé, c’était la démocratie, le socialisme, l’anarchisme. Mais l’heure de la revanche germanique avait sonné enfin, et la race du Nord allait se charger de rétablir l’ordre, puisque Dieu lui avait fait la faveur de lui conserver son indiscutable supériorité.
— Un peuple, conclut-il, ne peut aspirer à de grands destins que s’il est foncièrement germanique. Nous sommes l’aristocratie de l’humanité, « le sel de la terre », comme a dit notre empereur.
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