Victor Bonnet

Résumé

Victor Bonnet Revue des Deux Mondes

Si l’on ne considère que les besoins de l’état et le droit qu’il a comme souverain d’exercer des prélèvemens sur la fortune publique pour les services qu’il rend, tous les impôts sont légitimes, à la condition d’avoir un caractère général et de peser également sur tout le monde ; mais c’est là une légitimité entendue dans un sens très large, et qui peut n’avoir rien de commun avec l’utilité sociale. Dans le sens le plus étroit du mot et certainement le meilleur, un impôt n’est légitime que s’il est bien en rapport avec le service rendu, et pas trop dommageable à la richesse publique.
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Victor Bonnet Revue des Deux Mondes

Le crédit que nous apprenons à bénir, a-t-il dit, comme une fée bienfaisante qui multiplie les biens de l’humanité est devenu pour les populations (celles de l’Orient et d’autres encore) un fléau pire que la peste et la famine au moyen âge. Car celles-ci étaient passagères et l’autre est permanent. C’est l’abus du crédit qui a ruiné la Turquie, l’Egypte, l’Italie, l’Autriche, la Russie, tous les pays dont les moyens de production ne sont pas en rapport avec les dépenses exagérées faites par ceux qui les gouvernent.
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Victor Bonnet Revue des Deux Mondes

Avec l’impôt indirect, tout le monde au moins est intéressé à ce que les deniers publics soient ménagés parce que tout le monde y contribue. La substitution qu’on propose n’aurait d’autre effet que d’être un moyen d’oppression contre les riches entre les mains des pauvres. Et la liberté, qu’on met en avant, n’a rien à faire dans la question. Si elle était d’un côté, ce serait plutôt avec les taxes de consommation. « L’impôt qu’on paie quand on veut et dans la mesure que l’on veut, a dit Montesquieu, c’est le self taxation des peuples libres. »
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