Résumé

Portrait de Édouard Ducoté Édouard Ducoté Le chemin des ombres heureuses

Y aura-t-il une heure où la voix de la foule
nous nommera vieillards ? et que répondrons-nous ?
MÉLISSIAS
Vieillards ? ce mot, pourrons-nous le comprendre,
nous qui aurons vieilli ensemble ?
Ainsi parlions-nous quand notre amour timide
tremblait au seuil de l’avenir,
comme au bord du nid s’effarouche
l’oiselet penché sur le gouffre.
Depuis, nous avons longtemps marché côte à côte ;
nos cheveux ont quitté l’éclat des blonds maïs
pour la blancheur nacrée du plumage des cygnes,
mais nous n’avons pas vu cette métamorphose
et nous étions très jeunes quand nous avons péri.
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Portrait de Édouard Ducoté Édouard Ducoté Le chemin des ombres heureuses

Tends, à ta volonté, un piège sous mes pas ;
je sais qu’au jour la nuit s’enchaîne ;
tu serais redoutable, en étant incertaine ;
tu guettes, je ne l’oublie pas.
J’abandonne au lâche l’effroi
du mystère que tu nous cèles ;
quand on a modelé ses actes sur sa foi
on t’accueille d’une âme sereine.
C’est ainsi que parlait Erasippe ;
l’agonie sur son front ne creusa pas de rides.
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Portrait de Édouard Ducoté Édouard Ducoté Le chemin des ombres heureuses

Ne vous réjouissez donc pas, vous qui déjà
vous écriiez : Ô vanité des vanités !
Ah ! que ne vous a-t-on versé dès le berceau
du poison dans le lait dont on vous nourrissait
sous la raison qu’un jour le trépas sonnerait,
vous, à qui mon orgueil fait lever les épaules.
Ma gloire passera comme c’est son destin.
Qu’importe si du moins, toute vaine qu’elle est,
je l’ai tenue ainsi que je la désirais.
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