Émile-Albert Sorel

Résumé

Émile-Albert Sorel Revue des Deux Mondes

« Être soi-même, voilà le point. En histoire, on distribue le blâme, l’éloge, — on peut être juste, — on est loin, on est dehors ; — en politique, on ne peut pas : on est dans le courant, on barbote, on s’éclabousse...
... « Ce que je pense de l’existence nationale de la France, tu le sais : c’est le fond de mon livre de la Révolution : la nation y est tout, les hommes peu de chose. Sieyès (une de mes bêtes noires...) disait : « Nous avons fait la grande nation. » Il disait une grande sottise. La nation l’a fait et elle a fait de plus grands que lui, le plus grand de tous...
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C’est que, tout passionné qu’il se montre de recherche et de science, — il pousse le respect et le culte de l’une et de l’autre jusqu’au scrupule, — Albert Sorel tient à sa méthode propre : il veut que la vie collabore à son œuvre et la vie est variée, multiple : la science en histoire, ne s’érige point en dogme, un dogme impassible qui mate les faits.
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S’il subit, au début, l’influence très directe de la philosophie et de la critique contemporaines, sa personnalité s’accuse nettement : « Tu me parles de la philosophie de l’histoire et de la saine critique, dira-t-il à Eynaud le 16 avril 1872 : elles seront le fait d’un Sainte-Beuve, d’un Renan, d’un Littré, — et ces gens-là seront toujours des exceptions, — leurs idées ne seront comprises qu’en petit nombre, et tu trouverais peut-être, tout le premier, fort peu divertissans un gouvernement et une société, composés de gens sérieux, comme le rêve Renan. »
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