Résumé

Émile Montégut Un Roi d’Orient. — Nussir-u-din…

Être tyran d’un petit royaume ou tyran d’un vaste empire, ce n’est point absolument la même chose, et l’étendue du pays où s’exerce le despotisme réagit sur le despotisme lui-même et l’empêche de se développer outre mesure. La tyrannie exercée sur un petit espace perd la moitié de sa force pour le tyran ; elle pèse plus violemment, il est vrai, sur les peuples qui lui sont soumis ; mais en revanche l’imagination du tyran est gênée et nécessairement limitée. Non, le roi Nussir était un tyran d’un ordre beaucoup moins extraordinaire que tous ces célèbres despotes.
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Émile Montégut Un Roi d’Orient. — Nussir-u-din…

En attendant, la tête du vieillard continuait à s’incliner, penchée à demi par le sommeil et à demi par l’ivresse. « Il faut lui redresser la tête, » dit le roi. L’obéissant barbier ne se le fit pas dire deux fois, et, prenant deux longs morceaux d’un fil très solide, il attacha habilement, en homme consommé dans son métier, les deux bouts de la moustache du prince aux bras du fauteuil sur lequel il reposait. Le roi battit des mains, chuchotta quelques mots à l’oreille de son favori, qui sortit et rentra bientôt après avec quelques fusées qu’on alluma sous le fauteuil du vieillard.
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Émile Montégut Un Roi d’Orient. — Nussir-u-din…

Ils l’étaient. — Sont-ils chargés ? demanda le roi avec véhémence. — Que le refuge du monde jette sur son esclave un regard de bienveillance, les pistolets sont chargés, répondit le forgeron. — Eh bien ! ne vous avais-je pas dit que cet homme était un traître de la pire espèce ? N’avait-il pas prémédité de me tuer ? Vous entendez ? les pistolets du misérable sont chargés ! — C’était son devoir, en sa qualité de général, d’avoir toujours ses pistolets chargés afin de défendre votre majesté, dit avec fermeté un des favoris. — Ah ! vraiment, c’est votre avis ! répondit le roi.
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