Pierre Corneille,
LA SUIVANTE (1634)
“ Théante. J’adore ce grand cœur qu’ici tu fais paraître, Et demeure ravi du trop d’affection Que tu m’as témoigné par cette élection. Prends-y garde pourtant ; pense à quoi tu t’engages. Si Clarimond, lassé de souffrir tant d’outrages, Eteignant son amour, te cédait ce bonheur, Quel besoin serait-il de le piquer d’honneur ? Peut-être qu’un faux bruit nous apprend sa menace : C’est à toi seulement de défendre ta place. Ces coups du désespoir des amants méprisés N’ont rien d’avantageux pour les favorisés. ”
