Claude de Bussy-Rabutin

Définition et enjeux

Portrait de Roger de Bussy-Rabutin Roger de Bussy-Rabutin Histoire amoureuse des Gaules

« Hélas ! que vous êtes bonne, Mademoiselle, lui dit-il, de vous intéresser à la santé d’un misérable prince qui n’a pas mérité une seule de vos plaintes, s’il n’étoit à vous autant qu’il est. Oui, Mademoiselle, continua-t-il avec un trouble qui charma la belle, vous êtes maîtresse absolue de ma vie, de ma mort et de mon repos, et vous pouvez tout pour ma fortune. » La Vallière rougit et fut si interdite qu’elle en demeura muette. Elle voyoit un grand Roi qu’elle aimoit à ses genoux, tout passionné : peut-on pas s’embarrasser à moins ?
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Il me souvient qu’un jour que mademoiselle de Tonnecharante avoit la fièvre, que La Vallière étoit auprès d’elle, d’abord que le Roi le sçut, il en fut tout ému et se leva pour l’aller quérir. Le comte me dit : « Ah ! que le Roi, Madame, est honnête homme, s’il n’a point d’amour ! » Je vous avoue que je ne le croyois pas, quoique chacun dît le contraire ; la jeune Reine même me le persuadoit bien mieux que les autres par sa froideur pour moi, qu’elle prétendoit venir de ce que j’avois ri un soir qu’elle pensa tomber ici en dansant
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Il est trop fin pour n'avoir pas connu que c'étoit moi qui étois le maître de clavecin.—Ah! mon aimable, perdez ces sentiments; mon mari n'auroit point souffert cette feinte, s'il avoit eu la moindre connoissance de la tromperie que nous lui avons faite, mais je ne puis m'en affliger davantage; puisque c'est vous qui en êtes la cause.—Ah! mon adorable enfant, dit le prince, en se jetant aux pieds de la comtesse, je suis au désespoir de vous donner de la peine
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