Friedrich von Hardenberg de Novalis

Définition et enjeux

Jean-Édouard Spenlé Novalis. Essai sur l’idéalisme romantique en Allemagne

Une fatalité tragique s’appesantissait sur la famille du baron von Hardenberg. La maladie et la mort visitaient souvent cet intérieur [4] . Le second fils, Érasme est le premier atteint du mal héréditaire. Pendant que Novalis se consume lentement on rapporte au foyer paternel le corps d’un jeune frère noyé dans la Saale, au milieu de circonstances restées mystérieuses. Charles, le troisième fils, apparaît dans les lettres de ses frères comme un esprit inquiet, tourmenté, passionné, hanté par des idées de suicide et par des préoccupations mystiques.
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Jean-Édouard Spenlé Novalis. Essai sur l’idéalisme romantique en Allemagne

En dépit de ses austérités le baron von Hardenberg ne retrouvait pas la paix du cœur ou plutôt ses austérités aussi bien que ses scrupules religieux n’étaient que les manifestations d’un trouble moral plus profond, de cette hypocondrie persistante que le deuil avait enracinée en lui. Il y a dans Henri d’Ofterdingen une description de la maison paternelle, avec des détails trop significatifs et trop intimes, pour que Novalis ne les ait pas observés dans son entourage immédiat.
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Portrait de Théodore de Wyzewa Théodore de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Figure-toi qu’il ne tient pas à la vérité, mais à la beauté ! Il m’a exposé son opinion, avec un feu sauvage, le premier soir où il est venu chez moi. Il dit qu’il n’y a au monde rien de mauvais, et que l’humanité, partie de l’âge d’or, finira tôt ou tard par y revenir. Jamais je n’ai vu une aussi parfaite gaieté de jeunesse... Son nom est Frédéric de Hardenberg. »
Le soir où Novalis, dans une petite chambre d’étudiant, à Leipzig, « exposa son opinion » devant Frédéric Schlegel, c’est de ce soir que date l’école romantique allemande.
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