Heinrich von Roos

Élements biographiques

Heinrich von Roos 1812. Souvenirs d'un médecin de la Grande Armée (1913)

Une autre nuit, deux soldats du régiment qui avaient été faits prisonniers le 8 août à Inkowo, purent nous rejoindre, déguisés en paysans russes.
Les hommes qui avaient réussi à nous amener nos bestiaux, nous racontèrent les choses navrantes dont ils avaient été témoins le long du chemin. Ce qu'ils avaient vu de plus épouvantable, c'était le champ de bataille de Borodino. On y rencontrait encore des êtres vivants, de malheureux soldats mutilés qui vivaient dans quelque cadavre de cheval, dont, pour se nourrir, ils arrachaient la chair corrompue avec leurs ongles ou leurs dents.
Source : Gallica

Heinrich von Roos 1812. Souvenirs d'un médecin de la Grande Armée (1913)

Nous nous enveloppions dans nos manteaux jusqu'aux yeux, pour nous préserver le nez et la bouche. On ne voyait pas le troisième ou le quatrième homme qu'on avait devant soi. Vers midi, le brouillard se dissipa, on fit halte. Ceux qui avaient du café firent fondre de la neige pour le préparer, et le burent en grande hâte. Un soldat du régiment du Roi vint se chauffer à notre feu. Enlevant son porte-manteau de son dos, il en déballa le contenu, et dit d'une voix sourde: «Je voudrais vendre tout ce que j'ai pris à Moscou, pour pouvoir me procurer des vivres à Smolensk. »
Source : Gallica

Heinrich von Roos 1812. Souvenirs d'un médecin de la Grande Armée (1913)

Notre petite troupe n'avait eu, depuis le matin, qu'un seul officier légèrement blessé. Le peu de docilité de nos malheureux chevaux, le peu d'espace sur lequel nous manœuvrions furent cause que nous barrâmes tous trois le chemin d'un capitaine de cavalerie polonais, bien connu pour détester les Allemands. Plein de fureur, il se précipita sur nous l'arme haute, blessa l'aide-major Mayer, blessa le cheval du troisième aide-major, et, se tournant vers moi, il m'insulta. Il aurait fait pis, si
le temps et la place ne lui avaient manqué.
Source : Gallica

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