Henri Sévérin Béland

Élements biographiques

Portrait de Henri Sévérin Béland Henri Sévérin Béland Mille et un jours en prison à Berlin

Rien n’était plus triste qu’une détonation entendue au milieu de la nuit dans cette sombre prison ; les murs en étaient secoués ; tous les prisonniers étaient arrachés à leur sommeil, et chacun se demandait quel pouvait être le malheureux qui venait d’attenter à ses jours. Quelques minutes plus tard, invariablement, ma cellule était ouverte, un sous-officier se présentait, et j’étais prié de l’accompagner, soit pour constater la mort, soit pour donner des soins à un malheureux agonisant.
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Portrait de Henri Sévérin Béland Henri Sévérin Béland Mille et un jours en prison à Berlin

Aussi, à chaque nouvelle victoire de Hindenburg, Guillaume s’empressait d’accourir sur le champ de bataille et, de l’endroit, il lançait une dépêche à l’impératrice, comme pour faire comprendre à son peuple qu’il était véritablement le génie stratégique responsable du succès. C’était à ce point que lorsqu’une opération militaire se développait favorablement pour l’Allemagne, soit en Galicie, soit en Roumanie, nous savions prédire, un jour ou deux à l’avance, qu’une dépêche sensationnelle serait publiée dans les journaux, venant du kaiser à l’impératrice. Et nous nous trompions rarement.
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Portrait de Henri Sévérin Béland Henri Sévérin Béland Mille et un jours en prison à Berlin

Ce jour-là, vers midi, le major Von Wilm nous rendit visite dans cette chambre d’hôtel convertie en cellule de prison. Un nuage semblait obscurcir sa figure : il était mal à l’aise, ses traits, son attitude même décelaient l’anxiété et le malaise. Il nous apportait une terrible nouvelle : — « Je suis désolé, disait-il, je suis désolé, mais M. Béland doit partir aujourd’hui même pour l’Allemagne. »
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