Jean Félix Miquel

Élements biographiques

Jean Félix Miquel Lettres du vétéran de l'école de Bretonneau à M. le professeur Bouillaud (1874)

Pour être bien exercée, quelle est la profession qui demande plus d'abnégation et plus de dévouement que celle de médecin? Le ministère du prêtre, les exigences du service militaire ne sont rien à côté de ce qu'exige l'exercice de la médecine. Jouer journellement sa vie et sa réputation qui est la fortune et l'avenir de sa famille, voilà ce que doit faire le médecin esclave du devoir, sans compter les autres anxiétés. Car croit-on que le médecin honnête dort tranquille quand il craint de s'être trompé, quand il a une opération grave à faire ?
Source : Gallica

Jean Félix Miquel Lettres du vétéran de l'école de Bretonneau à M. le professeur Bouillaud (1874)

Il y a tant de moyens autres que la science et qui malheureusement sont plus faciles pour plaire à tant de clients, et qui trop souvent aussi ont été les moyens de fortune des prédécesseurs les plus favorisés par elle et comblés d'honneurs. Or, comme il n'y a qu'un premier pas qui coûte, est-il étonnant que, pour un trop grand nombre, la profession de médecin ne soit pas un ministère comme cela devrait être, mais un vrai métier, et que la fortune aille si fréquemment, non pas au plus instruit et au plus esclave du devoir, mais au savoir-faire ?
Source : Gallica

Jean Félix Miquel Lettres du vétéran de l'école de Bretonneau à M. le professeur Bouillaud (1874)

Que chaque médecin qui a vieilli dans le métier et qui me lira dise si j'ai exagéré ; car près des malades, comme dans tant d'autres circonstances, c'est le succès seul qui absout. Or, ce n'est pas quand il est presque certain que la véritable énergie, celle qui honore réellement le médecin, c'est quand les cas sont périlleux ; c'est quand il se croit obligé de heurter les idées de l'entourage du malade qu'est le péril pour sa réputation, et par conséquent son avenir.
Source : Gallica

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