Laurence de Savigny

Élements biographiques

Laurence de Savigny,  Le Robinson des Alpes (1867)

“ A la base de la muraille de granit, il n'y a rien que des pics abrupts, des langues de terrain d'une déclivité impossible à frayer, et coupés de rochers surplombant sur l'espace.
Puis, plus bas encore, rempart de rochers, précipices, torrent, caverne, tout va se perdre sous le noir rideau d'une gigantesque forêt de sapins.
Après l'inspection terminée :
— Eh bien, dit Lucien à son frère, vois-tu ici quelque grande route qui nous conduise bien commodément dans la plaine?
— J'y vois toutes les horreurs de la nature, dit Edouard.
— Nous voici joliment perchés ! reprend le bambin.
”
Source : Gallica

Laurence de Savigny,  La bûche de Noël, ou Le retour à la charrue… (1842)

“ Le séjour du cousin à Paris se prolongea plus long-temps qu'il ne l'avait pensé. Il y avait déjà huit jours que j'étais absent du toit paternel, et il s'était opéré bien du changement dans mes idées. Alors mon village, qui avant ce voyage était une immensité pour moi, me parut borné. Le bruit, le mouvement de la grande ville semblaient passer dans mon âme ; le luxe, les équipages, les riches toilettes me faisaient rêver, et, ne devinant pas tout ce qu'il pouvait y avoir d'amer dans la possession de ces richesses, je les regardais avec des yeux d'envie. ”
Source : Gallica

Laurence de Savigny,  Le Robinson des Alpes (1867)

“ Edouard jette à terre son arme inutile; il saisit un de ces bâtons ferrés de voyage dont son frère se servait toujours sur le sol glacé, et qu'il tenait encore à la main, et, levant haut ce bâton, il en porte un coup vigoureux qui fouette l'air et va tomber sur les jambes du vautour. L'oiseau rebondit sous le choc ; mais après s'être élevé à une certaine hauteur, il redescend et revient à l'attaque; alors il reçoit un second coup qui lui rompt à demi les pattes; et haletant, effaré, il n'a plus de force que pour revoler à son rocher. ”
Source : Gallica

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