Théophile Imarigeon Duvernet

Élements biographiques

Théophile Imarigeon Duvernet Les dévotions de Mme de Bethzamooth… (1790)

Le monde un ennemi dangereux ? Cela peut être ; je n’en sais rien. Il ne m’a jamais fait de mal, à moi ; mais je sais qu’un ennemi plus dangereux encore que le monde, c’est nous-mêmes. C’est celui-là qu’il faut fuir, surtout quand on est jeune : experto crede Roberto. Croyez-en le père Bonhomme ; là-dessus il en sait autant qu’un autre. Je me fis récollet dans un âge où j’ignorais ce qu’il devait m’en coûter. Pendant vingt ans j’ai souffert comme un malheureux. Comme vous, madame, j’étais continuellement tenté ; vous voyez des hommes en rêvant, et moi je voyais des femmes jour et nuit.
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Théophile Imarigeon Duvernet Les dévotions de Mme de Bethzamooth… (1790)

M. de Saint-Ognon ferme son livre et prend congé de Mme de Bethzamooth, qui lui crie : — Si vous allez à Saint-Sulpice, je me recommande à vos saintes prières.
Après son départ, M. le marquis de Vaucluse dit à sa femme : — Je suis ravi, Madame, de vous trouver en bonne compagnie. Ce monsieur a l’air d’un bon vivant. — Que dites-vous, Monsieur ? D’un bon vivant ! Vous êtes un vrai original de parler avec une pareille indécence d’un honnête homme. Vous ne pensez qu’en mal, vous vivez en débauché, vous ne craignez ni Dieu, ni l’enfer ; vous êtes sans mœurs, sans foi et sans pudeur.
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Théophile Imarigeon Duvernet Les dévotions de Mme de Bethzamooth… (1790)

Que dira votre mari ? reprit vivement M. de Saint-Ognon ; eh ! s’il est un homme juste, Dieu lui enverra un songe, et comme Saint-Joseph, son patron, il bénira le Seigneur qui opère en sa femme, et sans lui, de grandes choses. Si c’est un pécheur, c’est à la dévotion de Madame à le convertir, afin qu’aux yeux du monde il soit digne d’être le père du pape qu’elle porte dans son sein.
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