Résumé

A. Gazier Revue des Deux Mondes

« M. Arouet était aîné de Voltaire de dix ans ; il avait un esprit singulier, tantôt extrême dans la dévotion, d’autres fois, ne sachant plus à quoi s’en tenir. Il en était de même à l’égard des miracles des convulsions et de toutes autres choses ; en tout il était singulier. Il succéda à Monsieur son père dans la commission ou charge de receveur des épices de la Chambre des comptes. Ce père disait, parlant de ses enfans : j’ai deux fils qui sont tous deux fous, l’un fou de dévotion, et l’autre fou pour les vers et pour le théâtre. »
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Voltaire et son frère avaient un cousin que les Notes historiques appellent « Monsieur Archambault, gentilhomme de Meaux, de l’illustre famille des Archambault, » et ce cousin, que l’on nous représente comme un homme de beaucoup d’esprit, — on peut être cousin de Voltaire et avoir de l’esprit, — était d’une piété angélique, d’une simplicité d’enfant. « C’est une belle âme, » disait-on de lui quand on voulait le peindre d’un seul mot. Or le cousin Archambault, qui n’était pas précisément de ce que Voltaire appelle la lie du peuple, donna dans les convulsions de la manière la plus complète
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Si quelqu’un a cru y reconnaître quelque chose de surnaturel, il est très excusable. » Voilà le langage de la sagesse ; on est excusable, dit Mercier, et d’après nos Notes historiques, Voltaire serait allé plus loin encore ; il aurait dit qu’il faut absolument choisir et être ou déiste, comme lui, ou secouriste, comme son frère. Peut-être vaut-il mieux n’être ni l’un ni l’autre ; l’idéal est de s’abstenir si l’on n’a pas le loisir d’étudier les choses à fond, et ici le « Que sais-je ? »
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