Résumé

A. Geffroy De l’Authenticité des lettres de Mme de Maintenon

Mme de Maintenon, préoccupée sans cesse de la grande question du salut et de la vie éternelle, est prêcheuse, il est vrai ; personne plus qu’elle n’a commenté le tout est vanité. L’expression des dégoûts et de l’ennui qui accompagnent pour elle une fortune inouïe revient chaque jour sous sa plume. Cependant elle n’est ni sentencieuse ni pédante. Elle peut bien écrire au duc de Noailles : « Il n’y a que Dieu qui mérite d’être servi comme vous servez [6] , » mais non pas, comme le lui fait dire La Beaumelle : « Il n’y a que Dieu qui mérite le sacrifice que votre philosophie fait aux rois. »
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A. Geffroy De l’Authenticité des lettres de Mme de Maintenon

La vie dans le siècle, surtout la vie dans le mariage, c’est, à l’entendre, la pire servitude. « Entre la tyrannie d’un mari et celle d’une supérieure, dit-elle, il y a une différence infinie. On sait à peu près, en entrant en religion, ce qu’on peut exiger de vous. Il n’en est pas de même pour le mariage ; il n’y a point de noviciat qui y dispose, et il serait difficile de prévoir jusqu’où un mari peut porter le commandement. Il s’en trouve très peu de bons. Il faut supporter d’eux bien des bizarreries et se soumettre à des choses presque impossibles. »
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A. Geffroy De l’Authenticité des lettres de Mme de Maintenon

Mme de Maintenon a préparé Louis XIV et la noblesse à mourir non sans quelque grandeur ; c’est quelque chose, c’est beaucoup pour l’honneur. Toutefois son ambition l’avait élevée en un rang et sa destinée l’avait fait vivre à une époque où il eût fallu susciter et vivifier. C’est ce qu’elle n’a pas su faire, et c’est ce qui explique pourquoi sa mémoire est destinée, malgré de solides mérites, à rester enveloppée dans l’ombre de cette fin du règne de Louis XIV, sinistre période qui pèse sur la conscience de la France.
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