Alexis Delaire

Résumé

Alexis Delaire Revue des Deux Mondes

Qui aurait cru que, pour reconstruire l’histoire du globe par l’interprétation des caractères à demi effacés que le temps a gravés sur sa surface, le géologue pût recourir à des instrumens de laboratoire, comme le physiologiste ou le physicien, et qu’il parviendrait à reproduire quelques-uns des phénomènes dont l’immensité ou la lenteur déroutent l’imagination? Mais n’est-ce pas la même force qui fait osciller le plus délicat de nos pendules et qui, aux confins de l’univers, retient les astres sur leurs orbites? La nature, suivant l’expression de Leibniz, n’est qu’un art plus en grand.
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Alexis Delaire Revue des Deux Mondes

Les cailloux durs s’émoussent également, tournent et s’arrondissent; après avoir dessiné des stries déliées, ils sculptent de larges sillons. Une roche résistante peut être rayée par des matériaux plus tendres, s’ils sont animés d’une vitesse suffisante; il y a donc une sorte de compensation entre la vitesse, la dureté et la pression. Si les cailloux, au lieu d’être saisis dans une masse rigide, sont seulement empâtés dans une argile boueuse, ils rentrent dans son épaisseur pour y rester noyés, et le striage est insignifiant.
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Alexis Delaire Revue des Deux Mondes

Autre est la marche de la vraie science. Elle fait table rase de tout préjugé et n’admet aucun principe a priori. Elle interroge les faits et les laisse répondre avec leur brutale éloquence. Grâce à cette méthode, qui d’elle-même redresse les vices du raisonnement et empêche les écarts de l’imagination, les sciences ont pris en moins de deux siècles un prodigieux élan qui s’accélère au lieu de se ralentir.
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