Alfred Guignard

Résumé

Alfred Guignard Revue des Deux Mondes

Entre la capitale de l’Artois et les Allemands, plus rien d’autre que des tranchées vides. Dans la hâte et la nuit, pas de reconnaissance possible d’un terrain qu’il fallait, sur toute chose, occuper. Gagnant vers l’ennemi d’une parallèle à l’autre, puis en pleins champs, tant qu’on trouva place nette, on avança, un bataillon en réserve, deux en ligne. Une meule flambait à l’horizon. Sous l’hypnose de cet unique point rougeoyant, mécaniquement les hommes se resserraient, se tassant dans le rang.
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Alfred Guignard Revue des Deux Mondes

Il y a sur la rive gauche du Rhin, plus outre demain peut-être, de vastes gages territoriaux ou économiques allemands, qui sont et seront longtemps à garder. Qu’un bataillon noir y veille, c’est un bataillon blanc, de nos soldats de France, ouvriers, laboureurs, libéré pour des tâches productrices : manquent-elles dans nos régions dévastées ? C’est aussi l’étude technique et approfondie de la valeur militaire noire, étude poursuivie dans la paix sereine, pour écarter le cauchemar de ce qui pourrait être un jour la plus grande Guerre : plus forts nous serons, moins aussi nous serons menacés.
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Soudain, un fulgurant éclair : à bonne portée, une mousquetade infernale, fusils, mitraille et mitrailleuses, dessina le zigzag de la tranchée allemande. Quand il s’éteignit, une jonchée de noirs gisait à terre : la surprise avait duré quelques secondes. A côté, quelques « jeunes, » effarés, se couchèrent. Mais la charge, commandée sur-le-champ, enleva la majeure partie des survivants, les jetant sur l’ennemi. Le flot vint, sans force, mourir à sa tranchée, puis reflua : les Allemands étaient trop, les Sénégalais trop peu.
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