Résumé

Portrait de Alfred Maury Alfred Maury Le Socialisme au XVIe siècle

Les paysans, les artisans réclamaient l’abolition de règlemens et de privilèges qui aggravaient leurs charges et leur misère au profit des prélats, des abbés, des moines, des nobles et des gros bourgeois. Ils confondaient dans une égale haine les ecclésiastiques et les seigneurs, parce que les uns et les autres jouissaient d’une foule de droits exercés au détriment du pauvre peuple, et la réforme de Luther ne fut accueillie par eux au début avec tant de faveur que parce qu’ils en attendaient leur émancipation.
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Aussi, pour réaliser son plan, s’appuyait-il sur les princes fatigués du joug de la papauté et sur les griefs que la diète opposait au saint-siège. Il ménageait la puissance laïque, afin de tenir par elle en échec l’autorité spirituelle. Si les acclamations populaires l’avaient salué à son entrée à la diète de Worms, il ne pouvait d’autre part oublier que c’étaient des princes, les ducs Eric et Guillaume de Brunswick, le jeune landgrave de Hesse, le comte Guillaume de Henneberg, qui l’avaient soutenu et encouragé, quand il était sorti de cette assemblée tout ému et quelque peu effrayé.
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L’ambition l’avait jeté dans le parti des rebelles ; mais d’un esprit fin et délié, il comprit bien vite que leur cause serait perdue, s’ils persévéraient dans leurs désordres. Il s’attacha donc à faire accepter aux autres chefs un programme qui pût servir de base à une transaction avec l’empereur et les princes. Son plan était d’opérer une étroite alliance entre les paysans, les bourgeois mécontens et la petite noblesse, non moins hostile que ceux-ci aux tendances absolutistes du gouvernement impérial, qui ne se servait de la ligue de Souabe que comme d’un instrument.
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