Amédée Lefèvre-Pontalis

Résumé

Amédée Lefèvre-Pontalis Revue des Deux Mondes

On ne pourrait sans exagération attribuer ce réveil de l’esprit public au seul génie de Chateaubriand. Tant de puissance n’est pas donnée à un homme, et ces lentes transformations de l’opinion, qui préparent les grands événemens de l’histoire, sont avant tout, il faut le reconnaître, produites par un concours de circonstances qui échappent à notre prévoyance comme à notre volonté. Il n’en faut pas moins rendre hommage à ceux qui, sans être découragés par l’incertitude du succès, travaillent sans cesse pour leur part à corriger les erreurs communes et à redresser les préjugés populaires.
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Quoique sa vie soit dominée tout entière par sa fidélité au droit monarchique, Chateaubriand trouvera moyen, sans sortir du cercle de l’opinion légitimiste, de bondir d’une extrémité à l’autre dans son propre parti. On le verra tour à tour combattre à la tête de l’opposition de droite contre le duc de Richelieu et contre M. Decazes, puis, après avoir passé au pouvoir avec ses amis, rugir comme un lion blessé et se retourner contre eux, rallier autour de lui les mécontens de toute nuance, et engager une croisade au nom des idées modernes.
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Si le ressentiment d’une injure lui avait fait oublier pendant quelque temps les égards qu’il devait au trône, il en pleura du moins la ruine; sortant sans hésiter de la carrière politique en même temps que tombait la restauration, il garda à ses princes une fidélité qui est une part de sa gloire. « Il ne sera pas compté, dit avec raison M. Villemain, parmi ces hommes qui, sous des vents contraires, ont toujours conspiré avec la fortune et oublié leurs opinions, déserté leur cause, renié leurs amis pour la vanité de quelques honneurs ou la réalité de quelques profits. »
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