Résumé

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu Études politiques et religieuses - Les Mécomptes du libéralisme

Suivons-y un instant le libéralisme ou, si l’on aime mieux, l’esprit moderne : il s’y montre avec les mêmes caractères, les mêmes ambitions, les mêmes présomptueuses espérances, et, finalement, les mêmes déceptions. Ici encore, à travers toute la diversité des états et des peuples, apparaît l’unité morale de l’Europe et avec elle l’ascendant croissant de la démocratie. Ici encore nous rencontrons des notions idéales à l’aide desquelles le libéralisme s’était flatté de résoudre d’une manière rationnelle les problèmes jusque-là livrés à la force et tranchés par l’épée.
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Aux yeux de la démocratie radicale, la religion est une rivale dont elle ne veut pas tolérer la concurrence. L’extrême démocratie aboutit ainsi à la ruine de la religion aussi bien qu’à la destruction de l’état et de la nation. La révolution ne prétend à rien moins qu’à remplacer les vieux cultes et à en tenir lieu. A plus d’un égard, c’est bien une guerre de religion, une guerre de doctrines qu’elle fait au christianisme, et cette guerre au christianisme, elle la poursuit avec les procédés tour à tour violens et hypocrites de toutes les luttes de ce genre.
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Il semblait de loin qu’en remettant le pouvoir aux délégués de la nation, on aurait un gouvernement plus dégagé de vues particulières, plus libre de l’esprit de coterie, plus ménager de la fortune publique ou n’en disposant qu’au profit de tous, un gouvernement, en un mot, uniquement préoccupé de l’intérêt général. Naïve erreur dont l’expérience a partout fait justice ! Le gouvernement de tous, ou mieux le gouvernement au bénéfice de tous, est une chimère dont le régime représentatif éloigne plutôt qu’il n’en rapproche. La nation, être impersonnel et multiple, n’a pas une volonté
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