Résumé

Portrait de Arthur Buies Arthur Buies Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata

Aussitôt après avoir laissé Petit-Métis, où, tous les ans, une population étrangère, de quinze à dix-huit cents âmes, vient jouir des beautés naturelles de l’endroit et de l’incomparable climat des bords du Saint-Laurent, là où notre glorieux fleuve, large de près de quarante milles, remplit l’atmosphère de ses vivifiantes émanations, nous entrons dans la paroisse de Sandy-Bay et nous suivons sans interruption le littoral, jusqu’à Sainte-Félicité, dix milles plus loin que Matane, en tout un trajet de quarante milles au moins.
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Portrait de Arthur Buies Arthur Buies Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata

À peine est-on sorti de la forêt, dans laquelle on vient de parcourir dix-sept milles, sur un chemin de colonisation, que l’on éprouve un immense soulagement, on aspire avec transport l’air libre, comme si l’on sortait d’un tunnel, et c’est avec une véritable effusion que l’on salue de nouveau la campagne au loin découverte, les longs champs chargés de moissons, et les blanches habitations qui émergent de la vallée.
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On voyage la plupart du temps dans une forêt appauvrie, au milieu d’une nature sans caractère et sans relief, n’offrant rien qui mérite d’arrêter le regard du voyageur. C’est une succession monotone de hauteurs et de ravines misérablement boisées, de rochers granitiques à travers lesquels on a dû faire des coupes nombreuses pour faire passer la voie, et qui, de temps à autre, prennent l’importance de véritables petites montagnes aux sommets dénudés, aux épaules et aux flancs couverts à peine d’une végétation rachitique, ressemblant à un vêtement usé qui s’échiffe en maints endroits.
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