Résumé

C. Lavollée Une ambassade américaine au Japon

Depuis quelques années, on s’occupe beaucoup du Japon. Anglais, Français, Russes, Américains, tous les peuples qui entretiennent des relations avec l’extrême Orient ont fait paraître leurs pavillons dans le port de Nagasaki ou dans la paisible baie de Yédo. Il semble que le monde entier ait conspiré contre ce singulier pays, qui s’obstine à vivre seul dans sa lointaine retraite, et repousse d’une humeur si jalouse les regards de l’étranger.
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C. Lavollée Une ambassade américaine au Japon

Les Japonais n’ont pas une grande réputation militaire, et les deux sabres qu’ils portent enfouis dans leur ceinture de soie brodée ne leur donnent pas une apparence bien terrible ; mais comment seraient-ils demeurés indifférens en présence de ces formidables engins de destruction, qui pouvaient, d’un jour à l’autre, être employés contre eux ? Il y avait là, pour les diplomates de Yédo, plus d’un grave sujet de réflexion, et sur leur physionomie égayée par l’appareil de fête qui les entourait, on eût surpris parfois la trace fugitive d’amers soucis.
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C. Lavollée Une ambassade américaine au Japon

Ces étrangers que l’on avait reçus à la condition qu’ils s’en iraient au plus vite voudraient-ils par hasard manquer à leurs engagemens, s’installer dans la baie de Yédo, effrayer et insulter par leur présence les palais de la cité impériale ? Les plénipotentiaires japonais, qui se félicitaient déjà de leur triomphe diplomatique, durent éprouver un désappointement cruel. L’infatigable Yezaïmen accourut à force de rames, rejoignit la frégate à son nouveau mouillage, et demanda tout effaré des explications sur la manœuvre de l’escadre.
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