Charles-Henry Hirsch

Résumé

Charles-Henry Hirsch Un vieux bougre

Michel !...
Il se dressa, hébété, ne reconnaissant pas la chambre. Lorsque son regard rencontra celui de Mlle Rubis, il fondit en pleurs :
— Toi !... Ma Marie !... J’tai fait si tant d’mal !... Marie...
Il était le seul homme qui eût jamais pleuré à cause d’elle. Pour cela, il devint l’attendu qu’elle aimerait, qu’elle aimait d’un élan merveilleux. À le serrer dans ses bras sans force, elle éprouva qu’en elle c’était un autre cœur, battant la joie et gros d’amour. Elle se prit à pleurer et à rire tout ensemble, et Michel aussi riait et pleurait.
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Mlle Rubis en riait, à l’abri d’un coin de nappe. Michel, sournoisement, débarrassa la table des couteaux et des bouteilles ; car, pour lui, le vieillard demeurait le maître capable de châtier sans mesure. Cette précaution rendit la femme au sérieux, et elle irrita chez Mlle Youyou, le sentiment de sa jeunesse puissante et d’une timidité bien sotte devant le spectacle d’une telle décrépitude.
Or, Gaspard lui offrant ce qu’il pouvait d’amour, elle refusait le don misérable et tragique avec dégoût. L’homme, sa frénésie augmentait et il éprouvait, à s’humilier, un plaisir aigu.
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L’Angélus de Jean-François Millet.
— Ah ! nom de Dieu ! c’est bien ça, mes champs ! s’écria Michel.
— T’as envie du pays, mon loup ! dit Mlle Rubis.
Et elle s’offrait par compassion autant que par impatience d’amour.
Il examinait ! la pièce misérable ; la femme en fut très humiliée.
— J’suis-t-en garni... C’est pas bien beau ici... Mais, où qu’on s’aime, chéri, c’est toujours beau quand même, pas vrai ?
— Bien sûr, répondit Michel, et il se détourna pour renouer le coin de son mouchoir où il venait, d’un geste prudent, d’inclure le reliquat de son pécule.
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