Charles de Coutouly

Résumé

Charles de Coutouly Revue des Deux Mondes

Un État de 500,000 âmes est toujours un État. Il doit avoir sa politique au dehors. A côté, une colonie de 1 million 1/2 d’habitans a presque l’air d’une grande puissance. Elle doit avoir sa politique au dehors. Et dans ce milieu si varié ce sera, en petit, la même concurrence que dans notre vieille Europe, la même lutte d’ambitions, les mêmes chocs d’amour-propre, avec les mêmes raisons de ne pas s’entre-dévorer et de chercher à vivre en paix.
Voici où la politique extérieure du Cap se sépara un peu de celle de l’Angleterre.
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On leur répond sans peine : tout admirable qu’il soit, votre afrikaans ne mené à rien ; il ne se prête pas à une éducation achevée ; tandis que le hollandais de la littérature mène en Europe à six universités, à des écoles de médecine, à deux instituts militaires, à une école navale, à une pépinière d’ingénieurs, à une école d’agriculture. Du jour où chaque patois se barricaderait chez lui, il faudrait à l’humanité cent fois plus d’hommes de valeur ou de génie, car l’existence de langues maîtresses, dominant des groupes de dialectes, facilite la culture intellectuelle.
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Vous avez une république absolument indépendante, l’État libre de l’Orange, et une à moitié sous le contrôle de l’Angleterre, le Transvaal. Vous avez deux protectorats anglais, l’un effectif, dans le Betchouanaland nord, l’autre nominal, sur la côte du Pondoland. Vous avez enfin des royaumes nègres, un protectorat allemand, une possession portugaise, et, brochant sur le tout, trois sphères d’influence : Grande-Bretagne, Allemagne et Portugal ! C’est un vrai musée de types politiques et administratifs.
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