Résumé

Portrait de Delécluze Delécluze Revue des Deux Mondes

Profitant donc d’une absence passagère de Renaud, il alla se présenter à Syligaitha, et, non sans éprouver quelque honte et tant soit peu d’embarras, il lui ouvrit son cœur. Il lui fit entendre que, cédant à un amour qu’il ne pouvait plus vaincre, il la priait de lui pardonner sa démarche, mais que, certainement, il mourrait, si elle ne l’écoutait pas. Au même moment où il prononçait ces mots, des larmes abondantes jaillirent de ses yeux enflammés, il perdit l’usage de sa raison et prodigua confusément les prières et les menaces, comme un homme déterminé à commettre quelque violence.
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Un homme digne de ce nom doit prévoir tout ce qui peut arriver, et se préparer à supporter les maux, s’il faut qu’il lui en arrive. C’est le seul moyen de rendre les coups du sort moins pénibles. Si un ami meurt, on doit savoir que cet ami mourra ; si vous faites une perte de biens, devez-vous ignorer que la fortune est inconstante ? et enfin si votre maîtresse vous quitte, n’avez-vous jamais pensé qu’il n’y a rien de si frivole, de si inconstant que le cœur d’une femme ?
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À cet endroit du discours, Mainfroi parut touché, et ne pouvant trouver de paroles pour exprimer ce qu’il sentait, il laissa tomber sa tête sur les mains de sa sœur, qui retenait les siennes, et les couvrit de baisers. — Je vous le dis, reprit Syligaitha émue, la passion que vous nourrissez déshonore un prince ; et il est impossible que vous, qui valez tant par vous-même, et qui êtes issu d’une race si illustre, vous vous décidiez à déshonorer, dans son palais, sur son lit nuptial, une sœur mariée noblement.
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