Résumé

E. Beulé Murillo et l’Andalousie

Le style, le pathétique n’existent pas ; le saint paraît s’étendre sur un lit de roses, tandis que ses bourreaux s’entretiennent avec un air de bonté, tandis que la foule souriante semble assister à une fête, tandis que la nature elle-même n’offre rien que d’aimable, et l’atmosphère rien que d’enivrant. C’est le martyre facile, s’il est permis d’employer ce mot.
Pour trouver le vrai Murillo, il faut se souvenir qu’il est Andalous. De même que sa race vit par les sens et pour l’amour, de même il est réaliste et ne peut séparer son idéal de la volupté.
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E. Beulé Murillo et l’Andalousie

La nature de Murillo est peu complexe et se prête mal à tant de subtilité. C’est un homme d’instinct et non de volonté, de sentiment et non de système. Son inspiration est facile, coulante, imprévue ; on l’eût fort étonné en lui demandant de rédiger sa doctrine. Peintre par tempérament, il travaillait comme l’oiseau chante, sans effort, sans but, par plaisir. On sent dans toutes ses œuvres ce laisser-aller qui est une des formes du bonheur, mais qui doit dérouter les critiques armés d’instrumens de précision.
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E. Beulé Murillo et l’Andalousie

Au temps de Richelieu et de Louis XIV, quand les esprits cultivés songeaient à l’Espagne, ils la voyaient à la façon du grand Corneille, chrétienne, altière, chevaleresque, et le Cid était le type idéal autour duquel se jouait leur fantaisie. De nos jours, l’Espagne apparaît aux imaginations telle que les poètes romantiques l’ont peinte, pleine de parfums, de plaisirs, de poésie galante ; c’est le pays des orangers, des sérénades, des yeux noirs, et l’Andalousie est la terre promise vers laquelle s’envolent bien des rêves.
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