Edmond Jaloux

Edmond Jaloux

Résumé

Portrait de Edmond Jaloux Edmond Jaloux,  L'Escalier d'Or

“ Tu as raison, comme toujours, mon enfant. Les réalités ne sont pas vivantes, ce sont des ombres sur un mur, des cercles tracés dans la cendre d’un foyer éteint par un doigt distrait, des graines de pavots que le vent qui passe emporte bien loin ! Les vérités sont ailleurs.
— Où ? dirent en même temps Blanche Soudaine et l’innocent.
Valère Bouldouyr hocha la tête et ne répondit pas, mais en se tournant tout bas vers moi, il murmura le beau vers de Mallarmé :
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté !
— Et l’amour, oncle Valère, demanda Marie Soudaine, est-ce un rêve, une réalité ?
”
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Portrait de Edmond Jaloux Edmond Jaloux,  L'Escalier d'Or

“ Au sommet de l’escalier, Valère Bouldouyr me cria :
— Nous entrons chez le Roi du Monde !
Nous étions dans une immense salle, tendue de noir. Partout encore des statues et des torches fumeuses. Au milieu, sur un trône de pierreries, nous vîmes Florentin Muzat. Couronne en tête, tenant d’une main un globe terrestre, de l’autre, le glaive de justice, il portait un manteau d’hermine qui descendait jusqu’à ses pieds. Il nous reconnut et nous sourit gracieusement, puis il nous dit :
— Je règne sur l’humanité entière, mes bons amis.
”
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Portrait de Edmond Jaloux Edmond Jaloux,  L'Escalier d'Or

“ Vous la reconnaissez, me dit Bouldouyr, c’est Françoise... Et ici encore, je ne me plaindrai pas de la vie, j’ai connu, Monsieur, la royauté de l’esprit, j’ai connu la beauté d’une amitié inaltérable, et je connais maintenant le miracle de ce monde : la tendresse unie à la pureté !
... Je ne sais pas s’il y a, de ci, de là, Monsieur Bouldouyr, un seul vers dans votre œuvre qui soit digne d’aller à la postérité, je ne sais même pas si quelque chose de vivant les a animés au jour de leur naissance, mais la poésie qui est dans votre cœur, ah !
”
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