“ Oh ! c’est si horrible d’être abandonné dans les ténèbres, et de ne pas dormir, et dans cette grande, grande chambre, où la nuit semble l’éternité, et où l’on a de telles visions, Job, de si épouvantables, de si épouvantables visions. Tâtez mon poignet, Jonson, et ici mon dos, ne croiriez-vous pas que l’on a versé sur moi un seau d’eau ? eh bien ! non, c’est seulement une sueur froide. Oh ! c’est une chose affreuse que d’avoir une mauvaise conscience, Job ; mais vous ne me quitterez pas jusqu’au jour, maintenant, mon cher, mon bon Job ! — Fi, fi, Dawson, dit Jonson, pas de ces terreurs ! ”
Résumé
Pelham, d'Edward Bulwer-Lytton, publié au XIXe siècle, explore les enjeux moraux et sociaux à travers les destins entrelacés de personnages comme Glanville, Thornton ou Vincent. Les thèmes de la conscience, des liens familiaux et des nuances de la vertu traversent l’œuvre, illustrés par des dialogues percutants et des situations dramatiques.
Le roman, à la fois introspectif et satirique, dépeint un monde où les faiblesses humaines et les conventions sociales entrent en conflit, révélant la complexité des dilemmes moraux.
Citations de Pelham (Edward Bulwer-Lytton)
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Thornton lui-même était assis près d’un misérable petit feu, dans une bergère. Tout près de lui était une autre table encore couverte des débris d’un déjeûner, une cafetière, une boîte au lait, deux tasses, un pain entamé, un plat vide, un paquet de cartes, un dé à jouer, et un livre de mauvais goût, tout ouvert à portée de sa main. Tout ce qui l’entourait portait l’empreinte d’une basse débauche ; l’homme lui-même, avec sa figure rouge et sensuelle, ses mains sales, et le négligé libertin de toute sa personne, représentait dignement le genius loci. ”
“ Pour tout le monde, dans tout ce qu’il entreprend, en toutes choses enfin il est le même qu’avant. Il peut servir son pays, obliger ses amis, être brave, généreux, bienveillant, tout aussi bien que par le passé. Un crime, si hideux qu’il soit, ne cause pas nécessairement une révolution dans le caractère et la destinée d’un homme. Ce n’est que par une suite non interrompue de désordres et de mauvaises actions si insignifiantes qu’elles puissent paraître en elles-mêmes, que le sens moral s’altère et que le cœur s’endurcit. Ma mère n’était pas à Londres quand j’y revins. ”
“ Si les joues de Gertrude paraissaient une idée plus pâles, ou ses yeux moins brillants, je me rappelais le sacrifice qu’elle m’avait fait et je croyais qu’elle le sentait aussi. Vainement, avec le tendre et généreux dévouement qui ne se rencontre que dans la femme, elle m’assurait que mon amour la dédommageait de tout ; plus sa tendresse était touchante, plus le remords était poignant. Je n’aimai jamais qu’elle. L’amour n’est donc pas pour moi un lieu commun, et je ne puis, même aujourd’hui, juger son sexe comme en général le fait le nôtre. ”
“ Ma main était sur mon pistolet que je venais de saisir pour ma vengeance préméditée, quand un cri aigu, perçant, solitaire, vint éclater à mon oreille. « Aucun bruit ne suivit, tout redevint silencieux. J’approchais justement du bas de la descente, lorsqu’un cheval sans cavalier passa devant moi. L’averse avait cessé et la lune depuis quelques minutes s’était échappée de derrière les nuages ; à sa clarté je reconnus le cheval monté par Tyrrell. « Peut-être, pensai-je, il a désarçonné son maître et maintenant ma victime ne peut plus m’échapper ! » ”
“ Je suis tout à fait de l’avis de Votre Honneur, répartit Job, et vous pouvez être sûr que je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour remplir votre attente. Et cela, non seulement par cet amour de la vertu qui est enraciné dans mon cœur, quand je n’ai pas de motif plus puissant qui m’en détourne ; mais à cause aussi de ce souvenir plus terrestre, de la pension dont nous sommes convenus. Or, elle n’aura d’effet qu’en cas de succès, sans tenir compte d’une honnête intention qui n’aurait pas réussi. ”
“ Nous traversâmes la plus grande partie de l’Angleterre et de la France. Quels doivent être les charmes de l’amour quand il est accompagné de l’innocence et de la joie, puisque, même dans le péché, dans le remords, dans le chagrin, il donne un ravissement auprès duquel tout le reste est sans saveur ! Oh ! c’étaient là des instants trempés dans le véritable élixir de vie ; des moments où l’âme débordait des flots pressés de la tendresse et de la sympathie, où le cœur était trop plein pour parler et trop agité pour se taire ! ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Lord Vincent se fait fort de posséder cette science du monde. Il a beaucoup lu et beaucoup réfléchi, il croit connaître les hommes, il émet des aphorismes pour les gouverner ou leur plaire. Il va dans le monde, pour se faire moquer de lui par les uns, et pour blesser les autres. Tel est un sage dans son cabinet, qui n’est qu’un sot dans un salon ; et le parfait modèle de l’homme du monde, c’est celui qui a le moins réfléchi à ce que c’est que le monde. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Si son instruction n’est pas à la fois profonde et précise, son amour pour le bien ne servira qu’à l’égarer, et il se pourra qu’il fasse passer les préjugés d’un cœur trop sensible pour les préceptes mêmes de la vertu. Plût à Dieu qu’on regardât comme nécessaire de s’instruire avant de prétendre instruire les autres. Dire simplement que la vertu est vertu parce qu’elle est bonne en son fonds, et le vice tout au contraire, ce n’est pas les faire connaître. Pour moi, si j’écrivais un roman, je voudrais commencer par devenir un observateur actif, vigilant et pénétrant, des hommes et des choses. ”
“ Peut-être, dit Glanville, le dernier degré du savoir doit-il être de garder en effet notre ignorance ? Quel est l’homme qui après avoir consumé sa vie et sa santé à la poursuite de la science, s’est jamais déclaré satisfait et a jamais été récompense de ses peines ? Le sens commun nous dit que la meilleure manière d’employer la vie est d’en jouir. Le sens commun nous apprend également ce qu’il nous faut pour cela : la santé, le bien-être, la satisfaction, mais la satisfaction modérée de nos passions. Qu’est-ce que tout cela a à faire avec la science ? ”
“ La passion se traduisit autrement chez lui que chez Glanville ; chez celui-ci, c’était une rapide succession de sentiments violents, qui se pressaient comme les flots agités ; c’était la passion d’un cœur fort et sensible à l’excès, pour lequel un coup d’aiguille était un coup de poignard, et qui déployait la force d’un géant pour écraser l’insecte qui l’attaquait. Chez Tyrrell, c’était la passion agissant sur un cœur endurci et sur un corps usé, sa main tremblait, sa voix était hésitante, il ne pouvait plus commander aux muscles qui président à la parole ”
“ Bravo ! lord Guloseton, m’écriai-je avec enthousiasme, qu’un cuisinier est un mortel divin ! Pourquoi ne serions-nous pas fiers de nos connaissances en cuisine ? n’est-ce point l’âme des fêtes en tout temps et à tout âge ? Combien de mariages ont été le résultat d’un dîner de gala ! Combien de bonnes fortunes ont été la conséquence d’un bon souper ! À quel moment de notre existence sommes-nous plus heureux que quand nous sommes à table ? ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Ainsi, dit sir Willoughby, ainsi, Russelton, vous vous plaisez ici ? Vous avez de quoi vous amuser, je suppose ; il ne manque pas d’Anglais, vous n’avez pas oublié l’art de persiffler les gens, n’est-ce pas, mon vieux camarade ? — Si je l’avais jamais oublié, dit M. Russelton lentement, la seule vue de sir Willoughby Townsend suffirait pour m’en rafraîchir la mémoire. Oui, continua le vénérable débris, après un instant de silence ; oui j’aime assez cette résidence ; j’y jouis d’une bonne conscience et d’une chemise blanche ; qu’est-ce qu’un homme peut désirer de plus ? ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Dans tous les sentiments empreints de mélancolie et qui ne distillent pour toute moralité que la tristesse, j’interroge la sagesse et cherche la vérité. Il n’y a pas de situation dans la vie que nous ne puissions rendre douce ou amère, à volonté. Si le passé est triste, je ne vois pas la nécessité de s’y appesantir. L’esprit capable d’un vigoureux effort peut le faire dans un sens comme dans l’autre ; l’énergie que vous déployez pour acquérir de l’instruction, vous servirait, si vous le vouliez, à vaincre le chagrin. ”
“ Il est vrai que l’épée était toujours suspendue sur sa tête, et que tant qu’il vivait il ne pouvait y avoir pour lui d’assurance raisonnable d’échapper à la honte et à la mort des criminels. Aux yeux du monde la barrière qui me séparait d’Hélène était donc loin d’être complètement détruite, mais, au moment où je parle, mes désappointements m’avaient dégoûté du monde, et je me tournai avec un redoublement de tendresse vers celle dont le pur et saint amour pouvait être à la fois ma récompense et mon asile. ”
“ Tout sentiment humain sembla s’enfuir de mon cœur ; il se concentra dans un brûlant, avide et farouche besoin, le besoin de la vengeance ! J’aurais voulu m’élancer loin du lit, mais la main de Gertrude était attachée à la mienne, et me retenait. La pression humide, glacée, devint plus froide, plus froide encore, elle cessa. La main tomba, je me retournai, un léger mais effroyable frisson passa sur ce visage rendu plus pâle encore par la clarté de la lune, une convulsion agita les membres, un murmure s’échappa des lèvres défaillantes et décolorées. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Il y a une chose dont vous pourrez être sûrs, c’est que le rire étant un des attributs distinctifs de l’espèce humaine, jamais une intelligence brute, un cœur sauvage, ne s’y livre avec plaisir. » Vincent se tut. « Merci, mylord, dit lady Roseville, en prenant le bras de miss Glanville et en quittant la table, cette fois-ci vous avez bien voulu consentir à nous donner votre propre sentiment et non celui des autres ; vous n’avez presque pas fait de citations. — Acceptez, » dit Vincent en se levant, Acceptez un miracle au lieu d’un trait d’esprit. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ C’était un singulier spectacle que de voir un homme comme Glanville, avec ses goûts dispendieux, ses habitudes de luxe, de grandes facultés particulièrement propres à le mettre en relief, courtisé par les personnages les plus élevés dans l’État, admiré de plus de la moitié des femmes de Londres, vivre d’une vie ascétique, loin du contact de ses semblables, et se complaire dans le plus sombre et le plus maladif désespoir. Pas une femme ne pouvait se vanter d’avoir eu la bonne fortune de fixer un instant ses regards. ”
“ Mon plan était d’attacher Tyrrell de plus en plus à la table de jeu, d’être témoin de son entêtement, de délecter mes yeux de la fiévreuse anxiété de son esprit en suspens, de le mener pas à pas aux plus profonds abîmes de la pauvreté, de rassasier mon âme de l’abjection et de l’humiliation de sa pénurie ; de le dépouiller de tout secours, de toute consolation, de toute sympathie, de toute amitié ; de le suivre, sans être vu, à son misérable et sale logis ”
“ Faisons des réceptacles de notre digestion, un temple auquel nous consacrerons les biens les plus précieux que nous possédions ; qu’il n’y ait point de sacrifice pécuniaire trop grand pour nous quand il s’agira de faire à notre autel un don digne de notre divinité ; regardons comme une impiété d’hésiter en face d’une sauce extravagante ou d’un ortolan hors de prix ; et que le dernier acte de notre existence sublunaire soit un festin solennel en l’honneur de notre estomac, notre bienfaiteur de tous les jours. — Amen, dis-je, l’épicuréisme en gastronomie est la clef de toute moralité. ”
“ Je songeais en effet aux chemins de traverse et au lugubre pays qu’il me faudrait parcourir avant d’atteindre au port désiré de Chester-Park. Comme je venais de quitter la grande route, le vent qui jusque là était vif et pénétrant tomba tout à coup, et je vis un nuage noir qui s’avançait derrière moi et fut bientôt au-dessus de ma tête. En général une ondée ne me fait pas peur, mais, comme il arrive toujours, lorsque nous sommes mal disposés, que nous nous exagérons le moindre désagrément qui survient, je jetai un regard terriblement malveillant au nuage qui me poursuivait. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Absorbé par ces réflexions je traversais le Pont-Neuf lorsque j’aperçus l’homme que Warburton avait si attentivement épié à la maison de jeu. Ce devait être le Tyrrel qui avait fait le sujet de la conversation du Jardin des Plantes. Il passa lentement près de moi et je pus voir sur son visage sombre et fortement accentué, les signes d’un profond épuisement. Il marchait au hasard, sans regarder ni à droite ni à gauche, avec cet air songeur et distrait des gens qui sont en proie à une passion vive et absorbante. ”
“ Lady Roseville, par exemple, lorsque dans la chaleur de son enthousiasme, elle parlait du caractère élevé et généreux de Glanville, ne se doutait guère de l’infâme et lâche forfait dont il était plus que soupçonné. Pendant que son plus ardent désir était peut-être de s’allier à la destinée de cet homme, les fantaisies les plus déréglées de son imagination n’auraient jamais été jusqu’à deviner le sort qui tôt ou tard attendait le scélérat si la mort ne se hâtait pas de l’y soustraire. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Maintenant, pour ce qui est des fictions, vous ne devez pas commencer, comme on fait dans l’éducation moderne, par donner à l’enfant la maladie, quitte ensuite à lui administrer de l’eau chaude pour la chasser : vous ne devez pas lui mettre en mains la fiction avant de lui avoir donné un seul principe pour guider son jugement et l’éclairer à cet endroit, sinon voilà son esprit empoisonné à tout jamais et trop affaibli par l’abus qu’il en a fait, pour digérer l’antidote. Non ; fortifiez d’abord son intelligence par le secours de la raison, après vous amuserez son imagination avec la fiction. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Je ne tardai pas à voir que Russelton était un homme aigri et désappointé ; ses remarques sur le monde étaient autant de sarcasmes, son esprit était plein de fiel et débordait ; il mordait en grondant. Jamais homme au monde, j’en suis convaincu, n’est devenu vraiment philosophe dans la solitude et la retraite. Les gens qui, pendant des années, n’ont été occupés que de frivolités, n’ont pas la grandeur d’âme voulue pour devenir indifférents aux petites choses qu’ils ont convoitées toute leur vie, et dont ils ont fait l’unique objet de leur ambition. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Vous souriez, comme si cela était impossible ; il n’y a rien là de plus difficile que de se détourner d’une habitude prise et de se consacrer à un objet pour lequel on avait de la répugnance auparavant ; et pourtant l’esprit ne fait pas autre chose pendant tout le cours de la vie. D’ailleurs il me semble que c’est une chose contraire à la nature du cœur humain, que de trop regarder en arrière ; tous ses plans, tous ses projets, ses aspirations sont dans l’avenir ; c’est pour l’avenir et dans l’avenir que nous vivons. Nos passions mêmes, les plus violentes, ont en vue un objet à venir. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ M. Dartmore, vous êtes un gentleman. Holà ! sac à vin, gredin ! qui n’as d’esprit que celui que tu nous sers, sale petit ruisseau fangeux, avec ton corps qui n’est qu’un égout, et ta prétendue âme qui n’est qu’une sentine : donne-moi ma monnaie et mon gin, faquin ! Hein ? n’as-tu pas honte, Procuste de comptoir, d’avoir réduit notre appétit légal à ta gredine de pinte, de quinze sous ? Veux-tu une devise, tête de chien ? En voilà une qui te convient ; mesure pour mesure et le diable en paiement. Hum ! misérable courtaud de boutique, tu n’as pas plus d’esprit qu’une bouteille vide ! ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Je m’aventurai à porter mes yeux sur l’homme au regard fixe, il était là toujours immobile, ne perdant pas de vue le joueur. Seulement il avait une expression de joie plus marquée que tout à l’heure. Même cette joie était si maligne, si haineuse, que j’eusse été moins effrayé par un regard de colère ou de haine franche. Je baissai les yeux et redoublai d’attention au jeu : en un moment la fortune tourna en faveur de la noire. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Il y eut un long silence troublé seulement par des sanglots que la femme semblait s’efforcer de comprimer. Enfin l’homme se leva, et, d’une voix si douce qu’on eût dit une musique, il lui dit les choses les plus tendres. Elle céda bientôt à ses accents persuasifs et lui répondit d’un air décidé : « Eh bien oui ! en dépit de mes remords, pourvu que je ne te perde pas, vie, honneur, espoir, mon âme même, je te sacrifie tout ! » ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Quand cet homme sera tout à fait à l’agonie, quand il sera épuisé par la fatigue, le chagrin, la maladie et la faim, quand il sera étendu sur son lit, mourant, quand le râle de la mort le tiendra à la gorge et qu’un voile épais commencera à s’étendre sur ses yeux, quand le remords peuplera sa chambre de fantômes infernaux, et que, dans sa couardise, il adressera en tremblant une humble prière au ciel, alors, je serai là ! ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ MAXIMES. I. — Ne cherchez pas tant, dans l’habillement, la commodité que l’ornement. L’art ne doit pas copier la nature, il doit l’embellir. Apelles blâmait Protogène d’être trop naturel. II. — Que votre habillement ne s’éloigne jamais par trop du goût général. Le monde regarde l’excentricité comme une preuve de génie, dans les grandes affaires, comme une preuve de sottise dans les petites. III. — N’oubliez jamais que vous vous habillez pour fasciner les autres et non vous-même. IV. — Tenez-vous l’esprit libre de toute violente émotion, à l’heure de votre toilette. ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ Je pense (quoique je n’aie pas votre talent de citation) que Cicéron appelle la contemplation de la nature, la pâture de l’esprit ; en effet l’esprit confiné par le fait de la solitude, dans la contemplation d’un petit nombre d’objets, médite plus profondément sur ceux qu’il embrasse. L’habitude de cette méditation pénètre et transforme tout le système, et tout ce qui en émane ensuite prend cette teinte contemplative et rêveuse dont vous parliez tout à l’heure. — C’est merveilleux ! s’écria Vincent, et depuis quand avez-vous appris à lire Cicéron et à disserter sur l’esprit ? ”
Edward Bulwer-Lytton,
Pelham
(1828)
“ « Vous pouvez encore revenir sur l’eau, dit-il à Tyrrel. — Impossible, répliqua ce dernier, avec un ton d’angoisse et de désespoir qui me perça le cœur. Je suis réduit à la mendicité, je n’ai plus rien au monde, il ne me reste plus qu’à mourir de faim ! » Comme il disait ces mots, j’aperçus à la lueur pâle et incertaine de la lampe, que Warburton se couvrait la figure avec sa main. « N’avez-vous plus d’espoir ? n’avez-vous pas un endroit d’où vous puissiez tirer quelque secours ? Votre pauvreté est-elle absolue, et n’avez-vous réellement à attendre que la famine ? » ”
