Ernest Fouinet

Résumé

Ernest Fouinet Le Robinson des glaces (1855)

N'y a-t-il pas cela, Corentin? s'écria-t-elle d'une voix émue.
— Oui, ma mie. — Mère Gotte, je t'embrasse ; si ce journal
arrive jusqu'à toi, embrasse-le. Adieu! adieu à M. Mahé, à tous mes amis. Du courage. Dieu garde cette bouteille ! A présent, en mer! Que je t'embrasse!... Je pars pour te lancer aux flots, et je prierai pour toi au retour.
— Sa prière a été exaucée, dit Gotte, en reprenant le journal, et je vais à présent prier Dieu pour lui. Toi, Alix, tu iras dès demain offrir des fleurs à la Vierge de Bon-Secours.
Source : Gallica

Ernest Fouinet Le Robinson des glaces (1855)

Grâce à Dieu, j'ai trouvé de la graisse et des débris de baleine et de veaux marins en abondance, je les fonds, j'en tire du suif, et une vieille chemise effilée me sert à faire des mèches : j'en ai ma provision pour tout l'hiver. J'ai des biscuits et des patates autant qu'il m'en faudra jusqu'au retour de la belle saison, et alors, à la garde de Dieu. Le capitaine m'a laissé une peau d'ours blanc, il a été miséricordieux encore; j'ai un briquet qui fait feu à merveille, de l'amadou qui le reçoit et le fait briller comme l'éclair; la montre que M. Mahé m'a donnée me dit l'heure toujours...
Source : Gallica

Ernest Fouinet Le Robinson des glaces (1855)

Oh ! rester immobile quand on se sent tant de force, tant d'activité, c'est ce qui tue mon pauvre renne; c'est ce qui me tuera. Ce froid qui se glisse sourdement dans les innombrables particules de l'eau des fleuves et de la mer, les coagule, les fige, les enchaîne, et un matin ce n'est plus le mouvement des flots et des vagues, c'est de la glace; ce froid peut bien entrer lentement dans les corps animés et en faire de la glace aussi ; mais cela est moins facile; nos corps résistent plus, parce que c'est Dieu qui les fait vivre d'une partie de sa vie, et que cette âme immortelle les soutient.
Source : Gallica

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