Résumé

Portrait de Fustel de Coulanges Fustel de Coulanges Étude historique sur l’organisation de la justice dans l’antiquité et les temps modernes

Le droit divin, qui, au XIe siècle, était absolument inconnu en politique, n’apparaissait pas davantage dans l’ordre judiciaire. La justice en ce temps-là n’était pas même considérée comme une institution publique. On ne voyait en elle qu’une des manifestations de l’autorité seigneuriale. Attachée à chaque fief, elle faisait partie des devoirs et des droits, des charges et des profits de chaque seigneur. Le principe universellement admis était celui-ci : tout homme qui a terre a aussi, dans l’étendue de sa terre, la fonction de vider les procès et de punir les crimes.
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Ne disons pas que l’un nie le droit du seigneur parce qu’il est royaliste, et que l’autre en affirme l’existence parce qu’il est républicain ; le contraire est plus vrai; c’est parce que l’un n’a pas vu dans l’histoire le droit du seigneur et les autres choses semblables qu’il est royaliste, c’est parce que l’autre a cru les y voir qu’il est républicain. Ainsi l’histoire forme nos opinions. Si l’ancien régime ne nous gouverne plus, du moins l’idée que nous nous faisons de lui domine et gouverne chacun de nous.
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C’est par la justice qu’ils règnent ; c’est par elle qu’ils se font craindre et aimer, c’est par elle surtout qu’ils prennent racine dans le cœur de la nation, et qu’ils fondent leur dynastie. Le roi qui fit le plus pour la grandeur de la royauté est certainement saint Louis ; or saint Louis, aux yeux de ses contemporains, était avant tout le grand justicier. Dans la légende populaire, saint Louis est l’homme qui, assis au pied d’un chêne, juge les procès. Dans les siècles antérieurs, l’opinion publique n’eût pas admis facilement qu’un roi jugeât en personne sans être assisté d’un jury
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