G. Espé de Metz

Résumé

G. Espé de Metz Fleurs de tranchées ; Preusskopf… (1916)

Rappelle-toi bien ce que je vais te dire, Jacques : quand tu seras grand, tu te feras soldat et chaque fois que tu verras un Prussien, tu crieras de toutes tes forces : Vive la France!
JACQUES. — Oui, papa, je crierai : Vive la France ! Timidement. Quand je serai soldat, est-ce que j'aurai un fusil ?
THOMAS. — Oui, mon petit, un beau, un grand fusil.
JACQUES. — Alors j'veux être soldat tout de suite.
FRANÇOIS. — Tu le seras quand il faudra l'être, mon Jacquot ; et, sois tranquille, ce n'est pas moi qui t'empêcherai de faire ton devoir.
JEANNE. — La soupe est servie, mon père.
Source : Gallica

G. Espé de Metz Fleurs de tranchées ; Preusskopf… (1916)

Malheur à lui, s'il existe, malheur à lui, car, au risque de la damnation éternelle, nous ne pouvons considérer la vie d'un pareil homme qu'à la valeur d'un simple fétu de paille. Malheur à lui, car, aussitôt démasqué, qu'il soit faible ou qu'il soit puissant, quel qu'il soit, fût-il roi, cet homme doit être dévoré par les loups. Tu me comprends, je pense?
PHEUSSKOPF. — J'ai compris, Excellence.
BISMARCK, — Inutile de gaspiller le temps à discourir davantage. Je suis content de toi, Preusskopf; tu es un bon loup de Prusse. Rejoins ton poste et envoie-moi ton prince.
Source : Gallica

G. Espé de Metz Fleurs de tranchées ; Preusskopf… (1916)

CRESSIDA, se dégageant. — Laisse donc papa. A Patrocle. Quel est votre rang d'ancienneté, mon bon ami?
NESTOR, à Ulysse. — Pardonnez à Calchas, s'il a forcé la voix des dieux. Je soupçonne fort, cher Ulysse, que, pour anéantir la tentation, vous n'avez pas reculé devant la nécessité de faire vous-même ce qu'il a fait.
ULYSSE. — Non, sage Nestor, je n'ai trahi qui que ce soit — pas même un dieu. Car les dieux sont la Sagesse et la Raison mêmes, et, dès lors qu'on aide au triomphe de la sagesse et de la raison, on ne peut être que l'interprète fidèle de la pensée divine.
Source : Gallica

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