G. Giacometti

Résumé

G. Giacometti Revue des Deux Mondes

Mettre le renouvellement de la triple alliance sous l’égide du nom anglais ; faire, en quelque sorte, de ce renouvellement le corollaire indispensable d’une alliance anglo-italienne, c’était un moyen assez heureux de tenter de le rendre excusable par l’opinion du pays. L’Angleterre, en effet, est très populaire en Italie. Elle y passe, à tort ou à raison, pour avoir fait plus que tout autre, plus que la France elle-même, pour l’indépendance italienne. La probabilité d’un secours anglais y est considérée comme le meilleur gage de sécurité que la péninsule puisse espérer en cas de guerre.
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G. Giacometti Revue des Deux Mondes

Nous ne demanderons rien à la France ; mais il est de son intérêt bien entendu de nous aider. Si elle s’y refuse, nous tomberons sous le poids de la démonstration que nous sommes aussi impuissans que M. Crispi à fermer les plaies qu’il a ouvertes ; et si nous tombons, c’est sa politique qui prévaudra ; c’est, par une réaction naturelle, sa personne même qui reviendra au pouvoir ; c’est un ennemi acharné de la France qui se retrouvera à la tête du gouvernement italien au moment où il s’agira de savoir si l’Italie doit continuer ou cesser d’être l’alliée des ennemis de la France.
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G. Giacometti Revue des Deux Mondes

Mais, nous dira-t-on, la triple alliance aussi a son but parfaitement déterminé, et ce but c’est la paix. Il faut que l’on en finisse avec ces jeux de mots qui, lorsqu’il s’agit du sang et de l’existence des nations, ne sont qu’une offense à la moralité universelle. On s’allie toujours pour la paix, c’est-à-dire pour les conditions de la paix à conclure à la suite d’une guerre que l’on prémédite ; mais s’allier pour imposer la paix, c’est exciter autrui à mettre ses forces en état de résister
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